3, Dire.—C.-à-d.: «Je n’emploie, je ne cite les pensées des anciens que pour avoir plus d’occasions de produire mes propres pensées; bien différent en cela de ceux qui se couvrent des armes d’autrui, jusqu’à ne pas montrer seulement le bout de leurs doigts».—Ou encore: «Je n’emploie les idées des autres que pour rendre d’autant mieux les miennes», ainsi qu’on peut en juger en se reportant au ch. X du liv. II (I, 252), où il est dit: «car ie fay dire aux autres... ce que ie ne puis si bien dire par foiblesse de mon langage ou par foiblesse de mon sens».
3, Centons.—Mot venant du grec et signifiant à proprement parler un manteau fait de pièces d’étoffes rapportées, un habit d’Arlequin.—Le centon est une pièce en vers le plus généralement composée de vers entiers ou de passages pris de côté et d’autre dans un même auteur, comme les centons d’Ausone, composés de vers de Virgile, soit chez divers et disposés dans un ordre autre, ce qui donne à ces fragments un sens tout différent de celui qu’ils ont dans l’original. Quoi qu’en dise Montaigne, le style de ces sortes d’ouvrage est par trop plein d’expressions dures, impropres et énigmatiques; en français, il n’en existe guère qu’en prose et ce ne sont pour la plupart que des assemblages de proverbes, sans intérêt aucun.
7, Politiques.—Vaste compilation de Juste Lipse sur le droit et la politique, publiée en 1589 et qui, à l’époque, eut un grand retentissement. Cet ouvrage a en effet tous les caractères d’un centon, étant composé de sentences et de maximes tirées des historiens, poètes, philosophes, orateurs grecs et latins, auxquelles l’auteur n’a ajouté que le fil qui les unit, ce qui, joint au mérite de les avoir recueillies et présentées d’une façon intéressante, n’en dénote pas moins beaucoup d’érudition et de patience.—Montaigne se montre ici reconnaissant, car Juste Lipse, lui envoyant son livre, lui écrivait: «O tui similis mihi lector sit (Que ne sont-ils tous semblables à toi, mes lecteurs)!»
16, Autruy.—«Scienter nesciens et sapienter indoctus (savant dans son ignorance, simple dans sa sagesse)», a-t-on dit de Montaigne, lui appliquant ces paroles du pape Grégoire II à l’adresse de saint Benoît. Jamet.
25, Viendra.—Le mariage de Diane de Foix (V. N. I, 226: [Gurson]) avait été négocié par Montaigne; le premier-né de cette union fut en effet, en 1582, un fils, Frédéric de Foix, qui devint maréchal de camp et grand sénéchal de Guyenne.
25, Auez.—Add. des éd. ant.: de tout temps.
26, Seruitude.—Peut-être la terre de Montaigne qui, depuis qu’elle était dans la famille Eyquem, relevait de l’archevêque de Bordeaux, avait-elle, à une époque antérieure, relevé des comtés de Gurson, dont le château se trouvait à peu de distance, et dont était Diane de Foix dont il est ici question.
33, Difficulté.—C’est le langage que, dans Platon, Théagès, tient à Socrate un père qui, accompagné de son fils, vient le consulter pour savoir à qui en confier l’éducation.
234,
3, Eux-mesmes.—C.-à-d. combien dans l’âge mûr ils ont été différents de ce qu’ils étaient dans leur enfance.