2, Besongne.—Henri IV partageait ce sentiment d’estime que Montaigne avait pour Plutarque: «Il me sourit toujours d’une fraîche nouveauté, écrivait-il à Marie de Médicis; c’est un ami; il m’a dit à l’oreille beaucoup de maximes excellentes pour ma conduite et pour le gouvernement de mes affaires.»

2, Mille.—Add. des éd. ant.: et mille.

6, Mot.—Dans son traité de la Mauvaise honte.

19, Faut.—Plutarque, Apophth. des Lacédémoniens.

25, Monde.—Cicéron, Tusc., V, 37; Plutarque, De l’Exil.—Socrate pouvait être internationaliste au point de vue philosophique, mais nul ne connut et ne pratiqua mieux ses devoirs envers sa patrie, n’en observa mieux les lois, ne la servit avec plus de dévouement à la guerre, V. N. III, 576: [L’vn].

D’après ce même traité De l’Exil, de Plutarque, on a fait dire à Hercule:

«Quoiqu’on me fasse Argien ou Thébain,

Point ne me vante être de lieu certain,

Toute cité de Grèce est ma patrie.»

28, Nous.—Montaigne émet ici une de ces idées au mirage enchanteur, mais qui tout en ayant fait fortune, ne sont que mirage.—Tous les hommes sont frères et ils devraient s’aimer en tant qu’hommes et non comme Suisses ou Anglais. Cette conception généreuse, déjà formulée longtemps avant notre ère, a été prônée depuis à maintes reprises; elle est la base de la religion chrétienne; Plutarque s’en est fait l’avocat; Mirabeau et après lui Bonald ont pronostiqué que l’Europe ne ferait qu’une famille; Ballanche comme avait fait Rousseau, et comme firent en des temps plus rapprochés de nous Lamennais, Lamartine, Émile de Girardin, et autres, ont soutenu la même doctrine, en même temps que Bossuet flétrissait la guerre qui fait périr tant d’innocents et que Pascal et Voltaire déclaraient un acte de démence inexcusable de tuer un homme parce qu’il demeure de l’autre côté de l’eau. Si séduisantes que soient ces espérances, si justifié que soit cet anathème, en attendant que ces utopies actuelles deviennent dans l’avenir des réalités, il faut être de son époque et ne pas devenir dupe et victime par trop de simplicité, c’est pourquoi, en attendant d’être mis au rang des bienfaiteurs de l’humanité, ceux qui prêchent à la France le désarmement, taxent le patriotisme d’imbécillité, s’appliquant à détruire en elle les sentiments et les institutions dont l’existence est nécessaire pour assurer son indépendance, sont des individus coupables au premier chef, alors même qu’ils seraient sincères, et dangereux au même titre que ceux qui sapent les idées religieuses non moins indispensables à l’humanité pour lui faire prendre en patience les misères de la vie, que n’est une armée forte et disciplinée pour la sauvegarde du territoire; tant qu’il y aura des loups, il faudra des chiens de garde, et des médecins tant qu’il y aura des malades.