«Heureux, vous trouverez des amitiés sans nombre;

Mais vous resterez seul, si le temps devient sombre.»

«Les amis de l’heure présente

Ont le naturel du melon;

Il faut en essayer cinquante,

Avant que d’en trouver un bon.» Mermet.

«L’ami de tous et d’aucun, c’est tout un.»

15, L’aymer.—Aulu-Gelle, I, 3, qui attribue cette maxime à Chilon. Elle l’est à Bias, par Aristote, Diogène Laërce et Cicéron; elle l’a été à Thalès; elle se retrouve dans l’Ajax de Sophocle.—Elle a donné lieu à bien des controverses: les anciens, en général, abondent dans ce sens: «Je blâme l’homme qui, en exerçant l’hospitalité, fait d’excessives démonstrations d’amitié, comme aussi celui qui traite mal son visiteur; toutes choses sont mieux qui demeurent dans la mesure convenable.» Homère, Odyssée.—«Les leçons d’une longue expérience nous ont appris que les mortels devraient nouer leurs amitiés par des attaches légères, faciles à rompre ou à serrer, et qui ne pénètrent pas jusqu’à l’âme (mot à mot: jusqu’à la pire moelle de l’âme). D’une affection trop tendre qui trouble la vie, naissent, dit-on, plus de tourments que de charmes; aussi, je préfère en tout la modération à l’excès et j’aurai pour moi l’opinion des sages.» Euripide, Hippolyte.—Cicéron, dans son dialogue sur l’amitié, est du même avis.—Marc-Aurèle disait avoir appris de son père à «éviter les fureurs dans les attachements, même les plus purs».—Les vers suivants sont la contrepartie de cette même thèse:

«Ah! périsse à jamais ce mot affreux d’un sage,

Ce mot, l’effroi du cœur et l’effroi de l’amour: