37, Ioye.—Abra avait fait vœu de chasteté, et son père craignait que si elle venait à lui survivre, ce qui était dans les lois de la nature, elle ne pût résister aux demandes en mariage dont elle était l’objet, d’où l’ardeur de ses prières pour qu’elle mourût avant lui. Bouchet.
42, S. Hilaire.—Le mariage n’était, dans le principe, interdit aux prêtres ni avant, ni après l’ordination. Plus tard, les règles ecclésiastiques ont beaucoup varié sur ce point, et, bien que condamné par différents conciles, entre autres par celui de Latran, 1139, qui défendit d’entendre la messe de prêtres mariés, on en voit encore longtemps après qui le sont, l’indigne cardinal Dubois notamment qui fut sacré archevêque de Cambrai par l’évêque de Nancy, assisté de Massillon. A l’époque actuelle, chez les Maronites, chrétiens d’Asie Mineure, rite reconnu par Rome, les prêtres ne peuvent se marier; mais les gens mariés sont admis à l’exercice du sacerdoce.
384,
5, Commun.—«C’est égal, dit une jeune femme, à la lecture de ce passage, saint Hilaire n’était qu’un égoïste qui n’aspirait qu’à sa parfaite tranquillité; et si j’eusse été sa femme, j’aurais demandé la même grâce... pour lui d’abord.» Victor Thierry.
CHAPITRE XXXIII.
6, Raison.—Dans ce chapitre qui est l’analogue du chapitre XXIII de ce même livre, Montaigne semble s’être proposé de prouver que la Providence dirige parfois les événements par une intervention immédiate et directe.—Le mot fortune considéré comme ayant le sens de fatalité, qui se trouve employé ici et ailleurs dans bien d’autres passages des Essais avec cette acception et qu’il eût pu remplacer sans rien changer à son idée par celui-là même de Providence, est un de ceux qui, à Rome, prêtèrent à la censure, lorsque le livre fut examiné par les docteurs moines, ainsi que les appelle l’auteur dans son journal de voyages, lors de son séjour en Italie en 1581. Dans les pays d’inquisition, à Rome surtout, il était défendu de dire fatum ou fata (destin, fatalité). Montaigne se justifie (I, 588) d’avoir employé quelques-uns de ces mots prohibés, verba indisciplinata, plaidoyer qu’il n’a introduit dans son ouvrage, qu’après son retour de Rome. Le Clerc.
19, Fortune.—En 1503. Guicciardini, Hist. de France, VI.—Cette autre pire fortune fut qu’à partir de ce moment, le duc de Valentinois, César Borgia, vit renverser sa puissance et tout tourner contre lui. Le pape Jules II, successeur de son père, le fit arrêter et le contraignit à livrer toutes ses forteresses; à peine sorti de prison, il fut arrêté à nouveau par Gonzalve de Cordoue et envoyé au roi d’Espagne qui avait des griefs contre lui. Étant parvenu à s’échapper, il se réfugia auprès du roi de Navarre son beau-frère, et l’ayant accompagné dans une expédition contre l’Espagne, fut tué au siège de Viana, 1507.
23, Foungueselles.—Ou plutôt Fouquerolles. Du Bellay, II.
386,
3, Amorem.—Dans les éd. ant. à 1588, cette citation de Catulle se continue par ce quatrième vers: Posset vt abrupto viuere coniugio (comme s’il était possible de vivre étant ainsi séparés).