35, Croix.—Lorsque l’empereur Honorius rapporta à Jérusalem la vraie croix que les Perses lui avaient rendue et que leur roi Chosroès II avait enlevée quatorze ans auparavant, il la porta lui-même sur ses épaules jusqu’au haut du Calvaire (622).

36, Foy.—Le sire de Joinville, dans ses Mémoires, II.

40, Nuict.—On montre encore à Notre-Dame de Paris la discipline de saint Louis.

42, Angleterre.—Mariée d’abord avec Louis VII (1137), Éléonore de Guyenne lui apportait en dot le duché de ce nom et d’importantes annexes. Répudiée pour son inconduite (1152), elle épousa peu après Henri, comte d’Anjou et duc de Normandie, qui, en 1154, devenait roi d’Angleterre et, tant par lui-même que par son mariage, se trouvait déjà avoir sur le continent une puissance territoriale surpassant notablement en étendue les domaines directs de son suzerain le roi de France. Cette situation a été le point de départ de la rivalité qui, depuis, n’a cessé d’exister entre la France et l’Angleterre et qui s’est traduite de la part de cette dernière par une opposition constante à notre endroit, et à maintes reprises par des guerres de plus ou moins longue durée; notamment:

En 1159, 1160, 1173, 1177, 1188, 1194, 1198;—de 1202 à 1206;—de 1213 à 1217, de connivence, marquée par la bataille de Bouvines;—de 1328 à 1340, bataille navale de l’Ecluse;—de 1345 à 1348, bataille de Crécy, prise de Calais;—de 1350 à 1360, bataille de Poitiers, traité de Brétigny;—de 1369 à 1375;—de 1378 à 1453, bataille d’Azincourt, Jeanne d’Arc, combat de Castillon;—de 1521 à 1525 et de 1544 à 1546, de connivence avec Charles-Quint;—de 1557 à 1559, de connivence avec Philippe II, roi d’Espagne, marquée par la reprise de Calais;—de 1627 à 1629, pendant la guerre de Trente Ans, marquée par le siège de la Rochelle;—de 1678 à 1679, jointe à la Hollande, à l’Espagne, à l’empereur d’Allemagne et à l’électeur de Brandebourg;—de 1692 à 1697, faisant partie de la ligue d’Augsbourg, durant laquelle eurent lieu les batailles navales de la Hougue et du cap Saint-Vincent;—de 1701 à 1712, unie à l’Autriche, la Hollande, le Portugal, la Savoie, et où elle s’empara de Gibraltar sur l’Espagne notre alliée;—de 1742 à 1748, où, alliée de l’Autriche, elle ruina notre marine et notre commerce;—de 1755 à 1763, où, alliée à la Prusse, elle nous enleva à peu près toutes nos colonies dont les Indes et le Canada;—de 1778 à 1783, qui aboutit à l’indépendance des États-Unis d’Amérique, est la seule où nous ayons été agresseurs vis-à-vis d’elle;—1793 à 1802, coalisée avec l’Autriche, la Russie et les divers États d’Italie, marquée par la prise de Toulon, le combat de Quiberon, la bataille navale d’Aboukir, le siège de Saint-Jean d’Acre, la convention d’El-Arisch;—de 1803 à 1815, avec la coopération successive des diverses puissances européennes, marquée par la bataille de Trafalgar, le bombardement de Copenhague, les batailles de Vittoria, de Toulouse, de Waterloo, et enfin les traités de 1815.

Et depuis, si aucune guerre ouverte n’a plus eu lieu, parce que toujours nous avons cédé, soit par faiblesse, soit par duperie, ayant la trop généreuse habitude de traiter les affaires sans arrière-pensée comme sans méfiance, que d’humiliations ne nous a-t-elle pas imposées, que d’entraves ne nous a-t-elle pas créées?—En 1823, elle nous contraint à aller combattre en Espagne les principes mêmes de notre Révolution;—en 1830, elle nous oblige à presser notre expédition d’Alger, pour qu’elle ne l’empêche pas;—Plus tard, elle est contre nous dans l’affaire dite des «mariages espagnols»;—en 1854-56, elle se sert de nous pour contenir la Russie, et cette alliance lui pèse tant, qu’au lendemain d’Inkermann, dans un conseil tenu par ses généraux, l’un d’eux émet l’avis que «l’armée anglaise se rembarque, laissant les Français recourir à la miséricordieuse générosité de l’empereur Nicolas»!—En 1860, en Syrie, elle paralyse notre action et fait qu’elle n’aboutit à aucun résultat utile;—Puis elle nous évince de la direction des douanes chinoises;—au Mexique, elle nous abandonne;—elle nous élimine de l’accord primitivement conclu pour la gestion des finances de l’Égypte en vue du paiement de sa dette;—elle accapare les actions du canal de l’isthme de Suez, construit par nous en dépit de son opposition et dont elle se rend ainsi maîtresse;—elle nous immobilise en Extrême-Orient, durant la guerre Russo-Japonaise, par le traité qu’elle conclut dans ce but avec le Japon;—elle nous humilie au plus haut point dans l’affaire de Fachoda et par ses prétentions et l’arrogant procédé qu’elle emploie pour les faire triompher, qui n’a d’égal que la facilité avec laquelle nous obtempérons à sa volonté et à ses menaces;—nos difficultés continues avec le Siam sont son œuvre;—enfin, elle nous pousse dans le guêpier d’Algésiras avec la pensée, d’une part, que nous nous userons au Maroc, et de l’autre, nous faisant miroiter une alliance sans grande valeur réelle dans la circonstance, que nous finirons, sous l’effet de ses excitations, à en venir aux prises avec l’Allemagne, et que s’entre-détruiront pour son plus grand avantage les deux seules puissances qui, pour le moment, comptent pour elle en Europe, l’une qu’elle jalouse et exècre depuis des siècles, l’autre qu’elle redoute par l’extension que prennent son commerce et sa marine.

Si longue que soit cette énumération sommaire des manifestations des dispositions de l’Angleterre à notre égard, qui ne relate que ce que tout le monde connaît, elle serait bien autre si elle était dressée en toute conscience par notre ministère des Affaires étrangères!

Et cependant, se laissant prendre à des démonstrations qui seraient flatteuses, si elles n’étaient aussi intéressées, si on pouvait oublier que toujours dans ses alliances l’Angleterre n’a en vue que de tirer de ses alliés le maximum de services possibles et s’évertue à leur persuader qu’elle leur fait grand honneur en leur accordant sa confiance et les faisant se battre pour elle, nos gouvernants méconnaissant ces leçons de l’histoire, hypnotisés par l’orage qui peut venir de l’autre rive du Rhin et qu’ils provoquent sans cesse, au lieu de s’appliquer à le conjurer, donnent en plein dans le piège, ruinant la France en entretenant un état militaire qui l’écrase et qui ne se justifierait que s’ils étaient résolus à en user à bref délai, tandis qu’au contraire, ils espèrent bien n’en jamais venir là! Au lieu de maugréer et de surexciter les populations par l’idée d’une revanche qui n’est pas dans leur pensée, que ne se résignent-ils, tout en réservant l’avenir, ce qui est dans l’ordre naturel, et n’imitent-ils l’Autriche après Sadowa? L’Allemagne détient l’Alsace-Lorraine, mais n’oublions pas pour cela en quelles mains sont le Canada, nos anciennes colonies des Antilles, des Indes et les îles dites Anglo-Normandes!

462,

4, Seigneur.—Ce pèlerinage fut entrepris par Foulques en expiation de ses fautes; traîné sur une claie, il criait pendant qu’on le flagellait: «Seigneur, ayez pitié de Foulques, traître et parjure.»