578,

1, Prieres.—Ce chapitre est, en général, difficile à comprendre; on y est souvent arrêté et pas toujours sûr d’en saisir le sens; on y trouve plusieurs traits contre les calvinistes.

13, Icy.—Bien des auteurs, plus hardis que Montaigne, ont, au moyen âge et dans les siècles qui ont suivi, comme lui désavoué à l’avance, par crainte des persécutions, ce qui dans leurs écrits pourrait choquer l’Église; précaution inspirée, la plupart du temps, par la prudence plus que par les convictions.—Quoi qu’il en soit, la déclaration ici est formelle et, étant donné que l’auteur la renouvelle assez fréquemment sous une forme ou sous une autre dans le cours des Essais, elle indique nettement que la différence qu’il accuse entre Montaigne et le maire de Bordeaux (III, 500) subsiste également chez lui entre le chrétien et le moraliste. Comme chrétien, sa foi est voulue. Entretenue peut-être par le désir qui chez lui primait tout de vivre en paix avec lui-même comme avec tous autres, elle n’admet ni examen ni discussion; tandis que les réflexions qu’il couche en sa rapsodie, sont telles que son bon sens lui suggère, et qu’elles soient ou non contraires aux solutions et prescriptions de l’Église, ce qui est fréquent, le moraliste n’en a cure.

16, Dieu.—L’oraison dominicale, laquelle est tirée textuellement de l’Évangile de S. Mathieu.—On trouve dans le second Alcibiade de Platon une prière qui, en substance et tenant compte de la différence des temps, n’en diffère pas beaucoup. Dans ce même dialogue, Socrate, lui aussi, s’applique à démontrer qu’avant de prier, il faut réfléchir à l’objet de sa prière, parce qu’on risque, sans cela, de demander aux dieux des biens qui pourraient être des maux, et il conclut à la formule suivante: «Puissant Jupiter, donne-nous les biens, soit que nous les demandions, soit que nous ne les demandions pas; et éloigne de nous les maux, quand même nous te les demanderions!»

20, Fust le.—Les éd. ant. aj.: seul.

29, Cette là.—S. Cyprien tient l’oraison dominicale comme la prière la plus parfaite.—«Le Paternoster est ma prière, a dit Luther; il n’en est aucune qui lui soit comparable, je l’aime mieux qu’aucun psaume.»

580,

4, Soit.—C’est ce qui a fait dire avec quelque exagération à Ch. Lemesle que, dans de telles conditions, la prière est une impiété.

9, D’icelle... demandes.—Var. des éd. ant.: de sa iustice non selon nos inclinations et volontez.

10, Loix.—Liv. X.