22, Contraste.—Euripide attache au suicide une sorte de flétrissure;—Pythagore dit que l’homme est à son poste comme une sentinelle et qu’il ne peut l’abandonner sans l’ordre de son général;—Platon érigeait en principe que nous ne devons pas quitter le poste où les dieux nous ont placé;—Aristote le tient pour une lâcheté;—Cicéron met ces paroles dans la bouche de Paul-Émile, parlant à Scipion, son fils adoptif: «Vous devez constamment retenir votre âme dans le corps où elle a son poste, autrement vous seriez coupable de rébellion envers la bonté divine»;—Martial opine dans le même sens dans plusieurs de ses épigrammes: «Il est bien facile de mépriser la vie, quand on est dans le besoin; le véritable courage consiste à soutenir dignement sa misère». «Tandis que Fannius fuyait son ennemi, il se tue lui-même; n’est-ce pas, je vous le demande, une étrange folie, que de se tuer pour échapper à la mort?» «Je n’approuve pas un homme qui achète la renommée au prix de son sang, qu’il lui est aisé de répandre; j’estime celui qui peut se rendre digne de louanges sans se donner la mort.»—Sénèque: «Mourir ainsi, c’est s’avouer vaincu.»—S. Augustin dit que c’est à tort qu’on a exalté Lucrèce, Caton et d’autres qui se sont abandonnés au suicide.—Napoléon: «S’abandonner au chagrin sans y résister, se tuer pour s’y soustraire, c’est se retirer du champ de bataille avant d’avoir vaincu.»—Lamartine: «Quant à moi, je serais déjà mort mille fois de la mort de Caton, si j’étais de la religion de Caton; mais je n’en suis pas, j’adore Dieu dans ses desseins; obéir à Dieu, voilà la vraie gloire; mourir, c’est fuir.» V. N. I, 630: [Mesme].
«Il est plus grand, plus difficile,
De souffrir le malheur que de s’en délivrer.» Mme Deshoulières.
22, Plusieurs.—Les éd. ant. aj.: outre l’authorité qui en défendant l’homicide, y enueloppe l’homicide de soy-mesme: d’autres philosophes...
36, Caton.—V. N. III, 324: [Regulus]; N. II, 424: [Premier].
634,
28, Vsque.—Sæpe vsque (var. de 80).
32, Loix.—Liv. IX.
42, Desdaigner.—L’assertion n’est pas établie d’une manière absolue. Certains cas de suicide semblent avoir été constatés chez quelques animaux. Outre ce qu’on dit du scorpion qui, entouré de charbons ardents, se pique de son propre dard pour se donner la mort, Montaigne donne comme exemple d’attachement (II, 172) le fait de deux chiens se jetant d’eux-mêmes dans les bûchers où brûlaient les corps de leurs maîtres. On cite comme s’étant laissé mourir de faim le cheval de Nicomède, roi de Bithynie, après que celui-ci eut été tué (N. II, 184: [Ora]); et Varron en mentionne (N. II, 176: [Parenté]) un autre qui se serait de lui-même précipité et brisé la tête, parce qu’on venait de lui faire saillir sa mère.
636,