14, Militaire.—C’était l’idée de l’amiral de Coligny; il voulait réunir tous les Français dans une guerre visant la conquête des Pays-Bas espagnols; Charles IX semblait goûter ce plan, avant de s’engager dans la S.-Barthélemy, et ce fut le motif par lequel, à la cour, on retint, à ce moment-là, Coligny qui se méfiait. Il se peut que Montaigne ait écrit ce passage sous une réminiscence de ce fait.

16,

2, Derniere.—L’ordre du S.-Esprit, institué par Henri III en 1578.—Pour y être admis, il fallait être catholique et avoir déjà reçu l’ordre de S.-Michel. Il est passé par les mêmes vicissitudes que ce dernier (V. N. II, 12: [Sainct Michel]).—Ces ordres et celui de S.-Louis, créé plus tard, disparus à la Révolution, ont fait place quelques années après à celui de la Légion d’honneur, qui seul subsiste aujourd’hui. Institué par décret des Consuls du 19 mai 1802, il fut inauguré le 14 juillet 1804. Le Chef de l’État en est le Grand-Maître; l’administration en est confiée à un Grand-Chancelier qui travaille directement avec lui; cet ordre est destiné à récompenser les services civils et militaires, il se compose de 80 grands-croix, 200 grands-officiers, 1.000 commandeurs, 4.000 officiers et un nombre illimité de chevaliers (V. N. II, 10: [Titres]).—En dehors de cet ordre, et de catégorie tout autre, nous avons encore nombre de récompenses honorifiques, dont la médaille militaire et la médaille d’honneur ou de sauvetage, dont le prestige à bien juste titre est intact, parce que généralement elles sont méritées; les Palmes académiques, le mérite agricole qui se distribuent par brassées, les médailles commémoratives et d’autres de toutes natures, sans compter les Ordres coloniaux, auxquels il faut ajouter les Ordres étrangers, qui pullulent également, au point qu’aujourd’hui en France est décoré qui veut, et que seuls se remarquent ceux qui ne le sont pas.

11, Propos.—Les éd. ant. aj.: et nous estant si familier par l’air François qu’on lui a donné si perfect et si plaisant.

19, Force.—Virtus, en latin, signifie force, courage; de là est venu le mot français vertu, ces qualités constituant, chez les anciens, la vertu par excellence. «La force, dit J.-J. Rousseau, Émile, V, est la base de toute vertu; la vertu n’appartient qu’à un être faible par sa nature et fort par sa volonté» (V. N. II, 86: [Vertueux]).

20, Militaire.—Cela était encore vrai du temps de Montaigne, mais a cessé d’être. Quand, à la Révolution, Napoléon rétablit les titres nobiliaires, par une pensée bien digne de son génie, il s’en servit pour récompenser tous les genres de mérites et de services, aussi bien ceux rendus dans la vie militaire que dans les charges civiles; dans les lettres, les arts, les sciences, le commerce, l’industrie, l’agriculture qu’à la guerre, et son exemple a été suivi depuis.

CHAPITRE VIII.

18,

Enfants.—Ce chapitre est un des plus beaux des Essais, on y trouve partout du bon sens, de la raison, un jugement exquis. Montaigne y parle en philosophe qui a beaucoup observé, et ses idées sages et réfléchies sur ce sujet de première importance sont exposées d’une manière simple et naturelle dans l’ordre où elles se sont offertes à son esprit. Naigeon.

1, D’Estissac.—Louise de la Béraudière, veuve du baron d’Estissac, devint la maîtresse d’Antoine de Navarre (le père de Henri IV), et épousa, en secondes noces, de Combaut, premier maître d’hôtel du roi. Sa fille, mariée à un de la Rochefoucauld, a apporté à une branche cadette de cette famille le nom d’Estissac qu’elle porte encore.