102,
2, Estrangler.—En 81. En revenant d’Asie, après la mort de Sylla, César fut pris par des pirates, qui lui demandèrent trente talents (environ 160.000 fr.) pour sa rançon; il leur promit le triple. Rendu à la liberté, après être resté un mois en leur pouvoir, il arma quelques bâtiments, se mit à leur poursuite, s’en empara et leur fit subir le sort dont il les avait menacés.
4, Latin.—Cet auteur est Suétone, César, 74, qui s’exprime ainsi à l’occasion du fait de Philomon, esclave et secrétaire de César, que celui-ci, comme le rapporte Montaigne, fit simplement mettre à mort, sans le livrer à la torture, pour, de concert avec ses ennemis, avoir conçu le projet de l’empoisonner.
6, Deuiner.—Les éd. ant. port.: qu’il n’estoit pas du temps de la bonne Rome et qu’il iuge selon les, au lieu de: «qu’il est frappé des».
7, Mirent.—Add. des éd. ant.: depuis.
9, Cruauté.—Cette appréciation, émise à un point de vue plus général, est reproduite dans les mêmes termes, II, 584.—Déjà, au Ve siècle, saint Augustin s’était élevé contre la torture «qui force les innocents eux-mêmes à mentir»; elle ne fut abolie en France que 200 ans après que Montaigne le réclamait: en 1780, la question préparatoire, qui avait pour objet la recherche de la vérité, fut supprimée et, en 1788, la question préalable, infligée au condamné et qui constituait ce que Montaigne dénomme si bien l’au-delà de la mort simple; la marque au fer rouge et le carcan ne l’ont été qu’en 1830, le pilori en 1851.
9, Nous.—Nous, chrétiens, qui croyons à l’immortalité de l’âme.
31, Changée.—L’exemplaire de Bordeaux donne, de la main de Montaigne, une variante de cet épisode: «Ces iours passés... l’avoir changée» (lig. 12 à 31), lequel n’existe pas dans les éditions antérieures. En se reportant au relevé de ces variantes ([fasc. E]), on aura un spécimen relativement étendu de l’orthographe personnelle de l’auteur des Essais, et la comparaison des deux textes ne laissera aucun doute sur la supériorité de celui de 1595.
104,
14, Hault chapeau.—Plutarque, Apophth.—Sorte de tiare; coiffure monumentale portée autrefois, chez les Perses et d’autres peuples de l’Orient, par les grands et les pontifes; la tiare du pape, la mitre des évêques en sont des restes.