6, Nous.—Toute cette partie de l’apologie de Sebond, dans laquelle Montaigne a exalté les animaux comparés à l’homme, et qui a eu pour objet de rabaisser ce dernier et de lui faire sentir la débilité de sa nature et le ridicule de son orgueil, a été approuvée par Pascal qui a soutenu la même thèse; Bossuet, au contraire, l’a réfutée. Dans son troisième sermon pour la Toussaint, prêché devant le roi, en 1669, après avoir nommé Montaigne, il l’apostrophe ainsi: «Mais dites-moi, subtil philosophe, qui vous riez si finement de l’homme, parce qu’il s’imagine être quelque chose, comptez-vous donc pour rien de connaître Dieu? en connaître le principe, adorer son éternité, admirer sa toute-puissance, louer sa sagesse, s’abandonner à sa Providence, obéir à sa volonté, n’est-ce là rien qui nous distingue des bêtes?» C’est là une belle période oratoire mais qui, au fond, n’est qu’une manifestation de plus de l’immense orgueil de l’homme uniquement étayée sur le magnifique langage propre à Bossuet, qui en outre a le tort de prendre ainsi de la sorte Montaigne à partie comme entaché d’athéisme, rien dans son livre ni dans sa vie ne l’y autorisant.—Cicéron, beaucoup plus rationnel, concilie ainsi, dans les Tusculanes, ces opinions si divergentes: «Toutes les âmes renferment je ne sais quoi de mou, de lâche, de bas, d’énervé, de languissant: s’il n’y avait que cela en lui, rien ne serait plus hideux que l’homme; mais, en même temps, il s’y trouve bien à propos cette maîtresse, cette reine absolue, la raison, qui, par les efforts qu’elle a d’elle-même le pouvoir de faire, se perfectionne et devient la suprême vertu. Or, pour être vraiment homme, il faut lui donner pleine autorité sur cette autre partie de l’âme dont le devoir est d’obéir.» Dans le même ordre d’idées, Cicéron écrit ailleurs: «Quand on a dit à l’homme: Connais-toi toi-même, ce n’était pas seulement pour rabaisser son orgueil, c’était aussi pour lui faire sentir ce qu’il vaut.»
8, Oyseaux.—Sextus Empiricus, Pyrr. hypot., I, 14.
16, Torpille.—Poisson du genre de la raie, qui présente la propriété d’être une source d’électricité, dont la décharge engourdit qui la touche, et se transmet dans l’eau, en raison de la conductibilité de ce liquide, à tout corps à distance suffisamment courte; de là l’appellation donnée à l’engin de guerre de ce nom, destiné à couler les navires ennemis.
38, Nostre.—Les éd. ant. aj.: Car à nos enfans il est certain que bien auant en l’aage, nous n’y découurons rien sauf la forme corporelle, par où nous en puissions faire triage.
172,
6, Beste.—Boerhaave, médecin célèbre du XVIIIe siècle, laissa en mourant un gros registre, dans lequel on comptait trouver de précieux renseignements sur son art; on y lut seulement ce conseil, aphorisme populaire dont l’origine se perd dans la nuit des temps: «Tenez-vous la tête fraîche, le ventre libre, les pieds chauds, et moquez-vous des médecins.» Payen.
10, Effectuelle.—Add. des éd. ant.: et plus naturelle.
30, Hyrcanus.—Plutarque, De l’Ind. des anim., 13.
33, Pyrrhus.—id., ibid.
174,