D’une façon générale la religion qui répond à un des besoins essentiels de l’humanité (car à qui a la foi, elle donne un but à la vie), est un soutien et une consolation dans ses épreuves, en est aussi l’agent moralisateur par excellence, et personne jusqu’ici n’a rien trouvé en approchant qui comme efficacité soit de nature à lui être substitué. «S’il n’existait pas, il faudrait l’inventer», a-t-on dit de Dieu; on peut en dire autant de la religion, et bien aveugles sont ceux qui le nient, bien criminels ceux qui la combattent. Si son action est bienfaisante, et en conscience le contraire n’est pas soutenable, qu’importe ce que sont ses dogmes et ses mystères! ses ennemis au nom de la raison les taxent de superstition, de mystifications, peut-être, mais qu’opposer à ce fait qu’il y a parmi les croyants autant d’intelligences supérieures que parmi ceux qui ne le sont pas?
De nos jours ces derniers, l’emportant dans les conseils du Gouvernement, dans l’espoir de la saper, après en avoir chassé les Congrégations religieuses enseignantes et hospitalières dont, à juste titre, ils redoutaient l’influence pour le triomphe de leurs idées, sont, dans leur aveuglement, arrivés à faire prononcer en France la séparation de l’Église et de l’État. Envisagée à ce seul point de vue, c’est là une lourde faute politique: l’État y perd la main-mise sur le clergé, qu’il avait du fait du Concordat; après quelques années d’épreuve, l’Église, devenue indépendante, sera plus forte que jamais, et aura acquis de pouvoir jouer un rôle politique considérable alors qu’auparavant elle n’en avait aucun. Quel sera ce rôle? Il est douteux qu’elle entre dans le jeu de ceux qui ne rêvent que sa ruine; conservatrice par essence, elle apportera aux conservateurs un point d’appui qui leur fait actuellement défaut, et son action pourra devenir prépondérante si elle a la sagesse de ne s’inféoder plus particulièrement à aucun des partis (monarchiques ou républicains) de cette nuance. Il lui suffira, pour cela, qu’après avoir, par les moyens dont elle dispose, fait de la propagande et stimulé le zèle électoral de tous ses fidèles, restant neutre entre tous les partis conservateurs jusqu’après le premier tour de scrutin, de propos délibéré elle agisse au second tour, avec toute son énergie, exclusivement en faveur de celui d’entre eux, quel qu’il soit, qui, au premier, aura obtenu la majorité, lui ralliant tous ceux sur lesquels son influence a action.
20, Celles.—Des divinités.—Dans les éd. ant. cette phrase suit immédiatement celle où il est parlé de la divinité inconnue à Athènes, ce qui explique l’interruption d’idée que le texte présente.
21, Requis.—Add. des éd. ant.: pour la conception du peuple.
23, Soleil.—De toutes les idolâtries, celle du soleil passe pour la plus ancienne, et, comme le dit Montaigne, c’est la plus naturelle. Encore au VIIe siècle, les Perses adoraient le Soleil; son culte, d’où découle celui du feu observé par les sectateurs de Zoroastre, subsiste encore en certains lieux de l’Asie centrale; dans le nouveau monde les Péruviens, les Natchez le pratiquaient; par contre les Hottentots adoraient la Lune.
42, Thales.—Cette analyse de la théologie païenne est extraite surtout de Cicéron, De Nat. deor., I, 10, 11, 12, etc.
256,
1, Iupiter.—Ou Zeus; le dieu suprême, père et maître des dieux et des hommes chez les Romains, comme chez les Grecs. Il était fils de Saturne et vainquit les Titans qui avaient détrôné son père qu’il rétablit sur le trône, et qu’il renversa lui-même plus tard, pour se partager l’empire du monde avec ses frères Neptune et Pluton, donnant au premier les mers, au second les enfers, et se réservant le Ciel et la Terre. Il épousa sa sœur Junon, dont le caractère altier lui causa bien des ennuis, et eut une foule de maîtresses tant parmi les déesses que parmi les mortelles. Vulcain, Bacchus, les Muses, Apollon et Diane, Mercure, Hercule, Minerve et nombre d’autres étaient ses enfants. Il est représenté sur un trône, tenant d’une main un sceptre, de l’autre lançant la foudre; à ses pieds un aigle déployé. Le chêne lui était consacré; ses temples les plus célèbres étaient ceux de Dodone et d’Olympie en Grèce, d’Ammon en Libye et le Capitole à Rome.
19, Genus.—Ennius, cité par Cicéron, De Divinat., II, 50.
23, Miennes.—Les mœurs et les idées qui diffèrent des miennes.