12, Consentement.—Fabius, par sa prudence, s’étant attiré beaucoup de critiques et Minutius, son chef de cavalerie, ayant obtenu quelques légers succès en combattant contre la défense qu’il lui en avait faite, avait vu son autorité répartie entre eux deux, et pour ne pas l’affaiblir avait proposé à son ancien lieutenant de commander à tour de rôle. Celui-ci, pour rester maître de ses actions, avait préféré répartir les troupes entre eux. Peu après, il se faisait battre et n’était sauvé que par Fabius, auquel spontanément il fit amende honorable, en même temps qu’il se replaçait sous ses ordres (217).
34, Main.—Il est ici question de l’anneau de Gygès. Platon, République, II, 3; Cicéron, De Off., III, 9.—Gygès était le favori de Candaule, roi de Lydie (Asie Mineure). Candaule, fier de la beauté de sa femme, la lui fit voir toute nue; celle-ci, outragée, mit Gygès dans l’alternative de périr lui-même ou de tuer le roi; il prit ce dernier parti et épousa la reine et monta lui-même sur le trône (VIIe). Platon fait de Gygès un berger et raconte qu’ayant trouvé dans les flancs d’un cheval d’airain un anneau ou bague merveilleuse qui, en tournant le chaton à l’intérieur de la main, rendait invisible celui qui le portait, il en profita pour séduire la reine et assassiner le roi; et il ajoute que si un tel anneau était en la possession d’un sage, il ne s’en prévaudrait pas pour faire le mal, les honnêtes gens considérant si une chose est honnête et non si elle est ignorée.
456,
17, Herostratus.—Le temple de Diane à Éphèse (Asie Mineure), qu’Érostrate brûla (356), dans le but de s’illustrer par quelque moyen que ce fût, était regardé comme une des sept merveilles du monde. (On désigne communément sous ce nom, sans toutefois que l’accord existe à cet égard: 1o les jardins suspendus et les murs de Babylone; 2o les pyramides d’Égypte; 3o le phare d’Alexandrie; 4o le colosse de Rhodes; 5o le Jupiter Olympien de Phidias; 6o le tombeau de Mausole; 7o le temple d’Éphèse). L’incendie de ce temple eut lieu la nuit même de la naissance d’Alexandre le Grand. Les Éphésiens, pour déjouer les calculs du fou qui en était l’auteur, rendirent un décret qui défendait sous peine de mort de prononcer son nom; c’était le meilleur moyen de les réaliser.—La réflexion que relate Montaigne à son sujet, émane de Valère Maxime, VIII, 14, et non de Trogue-Pompée.
17, Capitolinus.—Tite-Live, VI, 11.—Après la bataille de l’Allia, Manlius, voyant Rome au pouvoir des Gaulois, se jeta dans le Capitole. Cette forteresse elle-même allait tomber aux mains des Barbares qui déjà en escaladaient les murs, lorsque Manlius, éveillé par le cri des oies sacrées que l’on y nourrissait, prit les armes et précipita l’ennemi du haut des murailles, ce qui lui valut le nom de Capitolinus (390). Dans la suite, aspirant à la tyrannie et accusé devant le peuple, il sut se faire absoudre en montrant le Capitole qu’il avait sauvé; mais une autre fois l’assemblée s’étant réunie dans un autre lieu d’où on ne pouvait apercevoir ce théâtre de ses exploits, il fut condamné à être précipité du haut de la roche Tarpéienne (384).
20, Parle.—Nous avons plus de souci qu’on parle de nous, que de la façon dont on en parle.
23, Autruy.—Il semble que pour être connu, il faille en quelque sorte commettre sa vie...
26, Fantastique.—Boileau, dans une de ses épîtres, blâme également cette tendance à trop agir avec la préoccupation de ce que les autres pourront en penser:
«C’est là de tous nos maux le fatal fondement;
Des jugements d’autrui nous tremblons follement,