34, Lacedemoniens.—Hérodote, I, 82; Pausanias, X, 9; Athénée, XV, 6; etc.—Les Argiens et les Lacédémoniens, en querelle au sujet du territoire de Thyrée, convinrent de remettre leurs intérêts à trois cents de chaque parti. Le combat eut lieu; il ne demeura que deux Argiens et un Lacédémonien du nom d’Othryadès; la nuit les sépara; les deux Argiens se retirèrent; Othryadès, resté seul, érigea un trophée avec les armes des ennemis, y traça de son propre sang une inscription qui attribuait la victoire à son pays et se donna la mort pour ne pas survivre à ses compagnons. Mais cela ne servit de rien; on ne s’entendit pas sur le vainqueur; les deux armées en vinrent aux mains et la victoire demeura à Sparte (VIe siècle).

35, Curiatiens.—Le combat eut lieu à la vue des deux armées, pour décider à laquelle, de Rome ou d’Albe, appartiendrait la suprématie. Trois frères de part et d’autre, les Horaces pour Rome, les Curiaces pour sa rivale, étaient en présence: au premier choc deux Horaces tombèrent, les trois Curiaces étaient blessés. Le survivant des Horaces, craignant de succomber contre ses trois adversaires réunis, feignit de prendre la fuite afin de les diviser, persuadé qu’ils le suivraient plus ou moins vite suivant la gravité de leurs blessures. Sa prévision se réalisa; revenant alors impétueusement sur ses pas, il immola successivement ses trois adversaires et assura ainsi le triomphe de sa patrie (667).—En citant ce fait, Plutarque en conte un autre, à peu près identique dans ses détails, survenu lors d’une guerre entre les habitants de Tégée et de Phenée (Grèce); des deux côtés, les champions étaient trois frères jumeaux.

39, Meslé.—A ajouter à cette nomenclature le combat des Trente, célèbre défi porté en 1351 par Jean, sire de Beaumanoir, au châtelain anglais de Ploërmel. Trente chevaliers bretons et autant d’anglais en vinrent aux mains au pied du chêne Mi-voie (Bretagne); huit anglais furent tués, les autres se rendirent. Dans l’ardeur de l’action Beaumanoir blessé, épuisé de fatigue et de la perte de son sang, faiblissait: «Bois ton sang, Beaumanoir!» lui cria son frère qui était au nombre des combattants. Bouillet.

39, Domestique.—De famille.—Ce duel, dont il va être parlé, Montaigne n’en fait pas mention dans son journal de voyage, ce qui donne à penser qu’il a dû avoir lieu après son départ d’Italie, où son frère l’avait accompagné et où il demeura après lui; on peut voir tout le détail de cette affaire dans les Mémoires de Brantôme, touchant les duels.

576,

29, Theorique.—Nous disons aujourd’hui théorie, quoique nous ayons conservé pratique; c’est une bizarrerie de l’usage.—Rabelais, I, 5, dit comme Montaigne: «Ie n’entends point la théorique; la practique, ie m’en aide quelque peu.»—Brantôme, parlant des duels, dit pareillement: «Les Italiens en ont tres bien sceu les théoriques et practiques.»

34, Germains.—Tite-Live, XXVIII, 21.—Tous deux se disputaient la succession à une principauté; ils résolurent de s’en remettre au sort des armes. Ils se battirent en présence de l’armée romaine, dans l’arène des gladiateurs à Carthage (et non en Espagne), alors qu’on y célébrait des jeux funèbres à l’occasion de la mort des deux Scipion (206).

578,

15, Butes.—C’étaient des tirs organisés pour l’arc et l’arbalète, avec ou sans banquette pour le tireur d’une part; et de l’autre, à distance convenable, une levée de terre contre laquelle se plaçait le but à atteindre comme il en existe encore beaucoup dans le Nord de la France. Le mot «butes» signifie ici ce genre de tir, plutôt que son aménagement.

Tous les exercices concourant au développement de la force et de l’adresse, sont à pratiquer, et notamment ceux qui sont d’utilité immédiate à la guerre. A ce titre le tir à l’arme de guerre est particulièrement à encourager, car la défense nationale y est intéressée: les efforts individuels de quelques-uns à cet égard sont insuffisants, il faut que cela devienne une institution d’État. Pour ce faire, et c’est possible, facile même, il faudrait que ces tirs à la cible pussent s’effectuer au centre même des populations, et nonobstant n’offrir aucun danger; être gratuits dans une certaine mesure, pour tout individu de nationalité française, de l’âge des enrôlements volontaires à celui du passage dans l’armée territoriale. On peut satisfaire aux deux premières conditions, en établissant ces tirs souterrainement, dans les villes, sous les promenades publiques ou les principales artères (à Paris par exemple sous l’esplanade des Invalides, aux Tuileries sous la terrasse du bord de l’eau, etc.), et dans les localités moindres, dans le voisinage immédiat, à l’instar des tirs forains. On emploierait à cet effet des tuyaux métalliques de 2 à 5m de longueur, s’ajoutant les uns aux autres, de forme appropriée, de 1m de hauteur sur 0.60 de largeur, d’épaisseur variable suivant qu’ils seraient en acier ou en fonte, suffisante pour n’être pas perforés par la balle; leur longueur totale permettant le tir à 200m. A l’origine du tir serait, pour le personnel et les tireurs, une construction également souterraine analogue à celle qui vient d’être édifiée pour un tout autre usage, à Paris, près de l’église de la Madeleine; l’autre extrémité serait aménagée pour les marqueurs; un fil électrique les relierait. Des organisations analogues ont déjà fonctionné à Lisieux, à Bergerac, et donnent les meilleurs résultats.—Le tir aurait lieu les dimanches et jours de fête. Le nombre des cartouches allouées annuellement à titre gratuit aux seuls individus dont il a été question ci-dessus, pourrait être de 36 à chaque ayant-droit, qui aurait la faculté de les tirer quand bon lui semblerait par série de six, en trois séances au moins: l’État trouverait là un heureux moyen de renouveler ses approvisionnements de mobilisation; on intéresserait les tireurs, en leur tenant compte des résultats lors de l’appel sous les drapeaux ou des périodes d’instruction. L’installation de ces tirs, et il devrait en être créé un au moins par canton, serait peu considérable: 3.000 fr. environ; elle serait à la charge des communes du canton. L’État pourrait leur venir en aide par des subventions, cela constituant au premier chef une dépense d’utilité publique indispensable pour que le tir, qui importe à un si haut degré à notre sécurité et à notre indépendance, pénètre dans les mœurs.