12, Tigranocerta.—Tandis que Lucullus, avec 15 à 20.000 hommes, assiégeait Tigranocerte sa capitale, Tigrane roi d’Arménie vint la secourir traînant avec lui une armée de 250.000. Lucullus, malgré son infériorité numérique, marcha contre eux; les barbares s’enfuirent sans presque soutenir le choc et perdirent 100.000 h.; Lucullus n’aurait eu que cinq morts et cent blessés; peu après, il était maître de la ville (69).
20, Est.—Les éd. ant. aj.: rare et.
19, Confusion.—César, De Bello Gallico, VII, 71.
28, Secours.—Xénophon s’exprime ainsi: «Ce n’est ni le nombre, ni la force qui donnent la victoire; elle est acquise à ceux qui, avec l’aide des dieux, attaquent avec le plus de fermeté d’âme.»—C’est là une vérité relative, à l’appui de laquelle on peut citer de nombreuses batailles dans l’antiquité, alors que le combat corps à corps jouait un rôle presque exclusif et toujours prédominant, où des résultats inouïs ont été obtenus avec des forces absolument disproportionnées. Mais l’invention des armes à feu et leurs perfectionnements incessants, leur accroissement en portée, en justesse et en vitesse, ont réduit à néant l’influence de la force physique des combattants et augmenté celle du nombre dans une très notable proportion. Aujourd’hui, où la question est souvent aux trois quarts résolue quand on est encore hors de vue et bien avant que le feu soit ouvert, et où la victoire est à peu près décidée sans que parfois on se soit abordé sur le point décisif, même avec des effectifs en présence atteignant des centaines de mille hommes de part et d’autre, le nombre joue un rôle considérable en facilitant les mouvements enveloppants. Toutefois il n’est pas plus que jadis le seul facteur du succès; le moral des troupes, l’initiative, l’habileté manœuvrière des chefs, surtout chez le général et ses principaux lieutenants, peuvent, encore comme par le passé, donner la victoire à une armée numériquement inférieure, si elle ne se cantonne pas dans une passivité continue et, par sa mobilité et ses propres attaques exécutées en temps opportun, s’applique à contenir et à déjouer les mouvements et les attaques de l’adversaire.
30, Tamburlan.—Tamerlan, appelé aussi Timour et dont le véritable nom est Timour-Leng; né à Samarcande, dans le Turkestan, il conquit ce qui aujourd’hui constitue la Perse, l’Afghanistan, la partie N. de l’Hindoustan et l’Asie Mineure; il marchait sur la Chine, quand il mourut. Sanguinaire et fanatique, il incendia Delhi, Damas, Bagdad et nombre d’autres villes; devant Delhi, il fit égorger 100.000 captifs; à Bagdad, il érigea un obélisque avec 90.000 têtes coupées.
32, Confusion.—A Ancyre (Asie Mineure), en 1402. Un million de combattants se choquèrent en cette journée; la bataille dura trois jours et deux nuits; 240.000 h., dit-on, furent tués sur le terrain même. Des deux adversaires, l’un, Tamerlan, était manchot et boiteux par suite de blessures reçues à la main et au pied, l’autre était borgne.
34, Baster.—Suffire à un habile général.—C’était vrai jadis, et Turenne dans son admirable campagne d’Alsace de 1675, Bonaparte dans celle non moins remarquable de 1796 en Italie, l’ont bien montré; mais avec le principe de la nation armée et la puissance de l’armement actuel, les petites armées où le chef exerçait une action prédominante et pouvait conduire les choses à son gré, ne sont plus. Le général placé aujourd’hui à la tête d’une armée de plusieurs centaines de mille combattants, se mouvant sur une étendue de 80 à 100 kilomètres et même davantage, livrant bataille sur un front de plusieurs lieues, n’est plus, malgré le télégraphe, aussi maître que jadis de les faire se mouvoir à son gré et avec une rapidité suffisante, et une fois l’action générale engagée, les combats partiels dont elle se compose sont si multipliés, se livrent à de telles distances et sont d’une importance telle, que son intervention, quelque grand que soit son génie, peut être impuissante ou tardive. Aux temps anciens et au moyen âge, on a bien vu des masses aussi considérables en présence, mais, outre que les non-combattants s’y trouvaient dans une proportion énormément plus considérable, le défaut d’organisation, le combat corps à corps qui était seul pratiqué, la courte portée et la puissance bien moindre des armes de jet, ne permettaient guère de manœuvrer et le nombre perdait par là beaucoup de son importance.
37, Vercingentorix.—Arverne de naissance (les Arvernes avaient pour territoire à peu près l’Auvergne actuelle), Vercingétorix souleva la Gaule centrale que César venait de soumettre et se fit nommer généralissime (53). César accourant aussitôt, après avoir échoué devant Gergovie, capitale des Arvernes (située proche l’emplacement actuel de Clermont-Ferrand), le battit en plusieurs rencontres, s’empara d’Avaricum, sa principale place d’armes, l’enferma dans Alésia et le contraignit à se rendre (52). Jeté dans un cachot à Rome, Vercingétorix y demeura six ans et, après avoir orné le triomphe du vainqueur, fut étranglé (47). Vercingétorix était chez les Gaulois, non un nom propre, mais un titre de commandement qui pourrait se traduire par généralissime; on ignore comment s’appelait le chef arverne connu sous ce nom et vaincu à Alésia.
39, Alexia.—César, De Bello Gallico, VII, 8.
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