—Eh bien, fit-elle toute palpitante, écoute...
Il se pencha. Elle appuya sa tête sur son épaule. Elle allait parler... elle cherchait la parole d'aveu...
A ce moment, un cri terrible, un cri d'horrible agonie déchira le silence des choses...
—C'est la voix de mon père! balbutia Jeanne épouvantée. François! François! on égorge mon père!...
Elle s'était arrachée des bras de l'amant; elle se mit à courir; en quelques secondes elle fut devant la maison et vit la porte et la fenêtre ouvertes... Un instant plus tard, elle était dans la salle: son père râlait dans un fauteuil. Elle se jeta sur lui, toute secouée de sanglots, saisit sa tête blanche dans ses bras...
—Mon père, mon père, c'est moi! c'est ta Jeanne!
Le vieillard ouvrit les yeux et les fixa sur sa fille.
Sous ce regard elle recula de deux pas; entre eux, il ne fut pas besoin de paroles: elle comprit qu'il savait tout! Et inconsciente, elle avoua:
—Pardon, père! pardon de l'avoir aimé, de l'aimer encore!... Voyons, père, ne me regarde pas ainsi... tu veux donc que ta pauvre petite Jeanne meure à tes pieds, de désespoir!... Ce n'est pas ma faute, va, si je l'aime... une force inconnue m'a jetée dans ses bras... Oh! père..., si tu savais comme je l'aime!...
A mesure qu'elle parlait, le seigneur de Piennes s'était redressé de toute sa hauteur. Sans répondre, il la conduisit jusqu'au seuil de la maison, étendit le bras dans la nuit, et il prononça: