—Merci! dit simplement Déodat.
Et il s'éloigna en toute hâte. Quant à Pardaillan, son premier soin fut de courir chez un fripier pour remplacer ses vêtements. Il choisit un costume de velours gris tout pareil à celui qu'il quittait, avec cette différence que celui-ci était entièrement neuf. Puis il fixa l'agrafe de rubis à son chapeau neuf pour y maintenir la plume de coq. Puis il alla chez le Juif Isaac Ruben pour lui vendre le beau diamant du duc de Guise, dont il eut cent soixante pistoles.
XIII
UNE CÉRÉMONIE PAÏENNE
Le soir commençait à tomber lorsque Pardaillan revint à la Devinière. Instinctivement, ses yeux se levèrent vers la petite fenêtre où tant de fois était apparu le charmant visage de Loïse. Mais la fenêtre était fermée.
Le chevalier poussa un soupir et se tourna vers le perron de la Devinière. A gauche de ce perron, il aperçut alors trois gentilshommes qui, le nez en l'air, semblaient examiner attentivement la maison où demeurait la Dame en noir.
—Vous dites que c'est bien là, Maurevert? fit l'un d'eux.
—C'est là, comte de Quélus. Au premier, la propriétaire, vieille dame bigote, sourde et confite en prière. Le deuxième est à moi depuis ce matin.
—Maugiron, reprit celui qu'on venait d'appeler comte de Quélus, conçois-tu ces bizarres passions de Son Altesse pour ces petites bourgeoises?
—Moins que des bourgeoises, Quélus. Lui qui a la cour!...