—Halte! fit la voix impérieuse du duc d'Anjou.
Le duc écarta vivement Quélus et s'avança, désarmé, jusqu'à Pardaillan, qui, baissant son épée, en appuya la pointe sur le bout de sa botte.
—Monsieur, dit le duc d'Anjou, je vous tiens pour un brave gentilhomme.
Pardaillan salua jusqu'à terre, mais son oeil ne perdit pas de vue un instant ses adversaires.
—Vous avez dit tout à l'heure des choses que vous regretteriez amèrement si vous saviez à qui vous parlez.
—Monsieur, dit Pardaillan, votre politesse me les fait déjà regretter, quelque basse et indigne que soit la conduite d'un gentilhomme, c'est aller un peu loin que de le traiter de laquais. Je m'excuse, et vous m'en voyez tout marri.
La phrase était si équivoque, si ambiguë, que le duc pâlit de honte. Mais il était résolu à passer outre et à feindre de tenir pour valable une excuse qui n'était qu'un nouvel affront.
—J'accepte vos excuses, dit-il en nasillant, ce qui lui arrivait quand il voulait se donner plus de majesté qu'il n'en avait en réalité. Et maintenant que nous nous sommes expliqués je dois vous dire que j'ai affaire dans cette maison.
—Ah! ah! Que ne le disiez-vous tout de suite!... Affaire! Diable! Vous avez affaire ici?
—Affaire d'amour, monsieur!