Et, s'adressant à Pardaillan qui, l'épée en garde, appuyé de la main gauche à la porte, attendait, immobile, silencieux:
—Au revoir, monsieur. Vous aurez de mes nouvelles...
—Je souhaite qu'elles soient bonnes, monsieur! répondit le chevalier.
L'instant d'après, la bande avait disparu.
Pendant plus d'une heure, Pardaillan demeura à la même place, l'oreille au guet, l'épée au poing.
Mais la rue demeura dès lors déserte et silencieuse.
Le chevalier, certain qu'il n'y aurait plus de nouvelle attaque, du moins pour cette nuit, cogna du poing à la porte basse de la Devinière, se fit ouvrir, et monta à sa chambre.
Alors, sous prétexte de se rassurer encore, il ouvrit sa fenêtre et plongea sur la chaussée un regard perçant. Mais, de cette hauteur, il ne voyait plus rien, ou, s'il voyait quelque chose, ce n'était que la petite fenêtre d'en face vers laquelle ses yeux se trouvèrent invinciblement ramenés. La fenêtre était d'ailleurs obscure. Loïse et sa mère dormaient.
Nous devons dire que Pardaillan demeura tout d'abord atterré de ce qu'il venait de faire. Il avait parfaitement reconnu le duc d'Anjou. Et maintenant que le feu de l'action était tombé, il comprenait l'énormité de son acte.
Le frère du roi, héritier de la couronne, était en effet une figure populaire à Paris.