Jeanne d'Albret descendit dans une maison d'une ruelle qui débouchait sur le côté droit du château. Là, elle trouva trois gentilshommes qui l'attendaient dans la salle basse.
—Venez, comte de Marillac, dit-elle à l'un d'eux.
Celui qu'elle venait d'appeler ainsi était un jeune homme d'environ vingt-cinq ans, vigoureusement découpé, la physionomie empreinte de tristesse. A l'entrée de la reine et de sa suivante, cette physionomie s'était soudain éclairée.
Alice de Lux, de son côté, l'avait regardé.
Un trouble inexprimable avait fait palpiter son sein.
Déjà le comte de Marillac s'était incliné devant la reine, la suivait dans le cabinet retiré où celle-ci venait de pénétrer.
—Pourquoi Votre Majesté m'appelle-t-elle ainsi? demanda alors le jeune homme.
Jeanne d'Albret jeta un mélancolique regard sur le comte.
—N'est-ce donc pas votre nom? dit-elle. Ne vous ai-je pas créé comte de Marillac?
—Je dois tout à Votre Majesté, vie, fortune, titre... Ma reconnaissance ne finira qu'avec mon dernier battement de coeur... mais je m'appelle Déodat... O ma reine! Vous ne voyez donc pas que vous êtes la seule à me donner ce titre de comte de Marillac, et que tout le monde m'appelle Déodat, l'enfant trouvé!...