Deuxième cas. Elle vivait. Elle pouvait essayer d'entraîner Déodat loin de Paris. Oui, cela pouvait réussir.

L'essentiel était qu'il ne sût rien. Elle pouvait essayer de s'arracher à la domination de la reine Catherine.

Se séparer de Déodat pour un temps impossible à délimiter. Inventer les motifs d'une séparation. Revenir auprès de Catherine et attendre. Dès qu'elle serait déliée de Catherine, elle rejoindrait le comte et le déciderait à partir avec elle.

Oui, mais si, pendant ce temps, il revoyait la reine de Navarre?... Si la reine parlait!...

Pourquoi Jeanne d'Albret parlerait-elle, si lui se taisait?...

Donc, il fallait qu'elle inventât quelque chose pour que Déodat ne parlât jamais d'elle devant la reine de Navarre.

Ces différents points adoptés, il n'y avait plus qu'à trouver le motif de la séparation.

Mais était-il besoin que la séparation fût complète? Non, cela n'était pas utile. C'était même dangereux.

Il fallait qu'elle pût le voir de temps en temps.

L'aube commençait à blanchir les vitres épaisses de la salle d'auberge lorsque l'espionne feignit de se réveiller. Elle sourit au comte de Marillac.