—Adieu, peut-être à jamais, rêve d'amour!
La porte s'ouvrit. La jeune fille traversa une sorte de jardinet profond de sept à huit pas, et pénétra dans la maison qui se composait d'un rez-de-chaussée et d'un étage. Un mur assez élevé, dans lequel s'ouvrait la porte verte, séparait le jardin de la rue de la Hache.
Si la rue, en raison de l'ombre que projetait la grande bâtisse de la reine Catherine, paraissait assez mystérieuse, la maison l'était davantage encore. Personne n'y entrait jamais.
Une femme d'une cinquantaine d'années l'habitait seule.
Elle était connue dans le quartier sous le nom de dame Laura. Elle était toujours proprement vêtue, et même avec une certaine recherche. Quand elle sortait, elle se glissait silencieusement le long des murs, et ses sorties avaient toujours lieu de grand matin ou au crépuscule.
On en avait un peu peur, bien qu'elle parût bonne personne, et que, le dimanche, elle assistât très régulièrement à la messe et aux offices.
Laura, en voyant entrer Alice, n'eut pas un geste de surprise. Il y avait pourtant près de dix mois que la jeune fille n'était venue dans la maison.
—Vous voilà, Alice! dit-elle sans émotion.
—Brisée, meurtrie, ma bonne Laura, fatiguée, d'âme et de corps, écoeurée de mon infamie, dégoûtée de vivre...
—Allons, allons! Vous voilà partie encore... Vous êtes toujours la même... exaltée, vous effarant d'un rien.