Bientôt, elle eut décloué la toile; et elle la déchira en morceaux qu'elle jeta dans le feu. Alice avait assisté sans dire un mot à cette exécution qu'elle venait d'ordonner.

—Laura, dit-elle avec une sorte d'embarras, il viendra ici, vendredi soir, un jeune homme...

La vieille qui, un sourire étrange au coin des lèvres, regardait se consumer les derniers fragments du portrait, ramena son regard sur la jeune fille.

—Pourquoi me regardes-tu ainsi? fit Alice. Tu me plains, n'est-ce pas? Eh bien, oui, je suis à plaindre, en effet... Mais écoute-moi bien... ce jeune homme viendra tous les lundis et tous les vendredis...

—Comme l'autre! dit Laura en attisant le feu.

—Oui! comme l'autre... puisque les lundis et les vendredis sont les seuls jours où je suis libre... Tu comprends ce que j'attends de toi, n'est-ce pas, ma bonne Laura?

—Je comprends très bien, Alice. Je redeviens votre parente... votre vieille cousine?

—Non, j'ai dit que tu es ma tante.

—Bien. Je monte en grade. Votre nouvel amoureux doit être plus important que ce pauvre maréchal de Damville.

—Tais-toi, Laura! fit sourdement Alice. Henri de Montmorency n'était que mon amant.