—C'est le véritable nom de notre cher Déodat. Je disais donc que, pour celui-là, vous l'avez ensorcelé; il ne jure que par vous...
—Est-il ce soir en cet hôtel?
—Il y est. Je vais le mander.
Téligny appela un valet et lui donna un ordre.
Quelques instants s'écoulèrent. Puis des pas précipités se firent entendre, une porte s'ouvrit, le comte de Marillac apparut, et courut à Pardaillan les mains tendues.
—Vous ici, cher ami! s'écria-t-il, serais-je assez heureux pour que vous eussiez besoin de moi? Est-ce ma bourse, est-ce mon épée que vous êtes venu chercher? Les deux sont à vous...
Le chevalier sentit son coeur se dilater.
—Vraiment, balbutia-t-il, je ne sais comment vous remercier...
—Me remercier! s'écria Déodat. Mais c'est moi qui suis votre obligé... nous le sommes tous ici, puisque vous avez sauvé notre grande reine...
Téligny, voyant les deux amis partis dans le tête-à-tête, s'était retiré discrètement.