Et cette lettre! Cette lettre sur laquelle il dardait un regard flamboyant!... Elle contenait donc le récit de la lamentable tragédie! C'était Jeanne qui lui écrivait! Jeanne innocente et fidèle!

—Lisez! monseigneur, dit Pardaillan, lisez... et, quand vous aurez lu interrogez-moi... car, si je ne fus pas témoin du crime, je suis du moins le fils de l'homme qui est dénoncé à votre haine... et cet Homme... mon père!... eh bien, il m'a parlé... Il m'a dit des choses que jadis je n'ai pas comprises, mais qui sont demeurées gravées dans ma mémoire...

Alors le maréchal saisit la lettre.

Tout de suite, il reconnut l'écriture de Jeanne.

Il lut à grands traits, en deux ou trois reprises...

Puis, quand il eut fini de lire, il se retourna vers le portrait, secoué de sanglots terribles, s'abattit sur le parquet, se traîna sur les genoux, les mains levées désespérément, avec un cri rauque qui faisait explosion sur les lèvres livides.

—Pardon! Pardon!

Puis il demeura tout à coup immobile, sans connaissance.

Le chevalier courut à lui. Il s'ingénia de son mieux à ranimer le maréchal. Il le secoua, bassina son front d'eau fraîche, défit les aiguillettes de son pourpoint...

Au bout de quelques minutes, la syncope cessa; François ouvrit les yeux. Il se leva. Une flamme étrange brillait dans ses yeux. Pardaillan voulut parler.