A ce moment précis. Alice pâlit affreusement en étouffant un cri. Elle saisit le maréchal par un bras, et, avec une vigueur centuplée par quelque effroyable danger, l'entraîna vers un cabinet dont elle referma la porte.

A cette même seconde, la vieille Laura apparaissait, effarée.

—Silence! dit Alice d'une voix rauque. J'ai entendu!...

Ce qu'elle avait entendu, c'est que quelqu'un venait de s'arrêter à la porte extérieure, et que ce quelqu'un ouvrait, et qu'il n'y avait qu'une personne qui pût ouvrir ainsi: le comte de Marillac...

En deux bonds, le comte franchit le jardin et apparut à Alice qui, livide, bouleversée, debout au milieu de la pièce, s'appuyait à un fauteuil.

—Vous, cher bien-aimé, eut-elle la force de prononcer.

—Alice! Alice! s'écria-t-il, seriez-vous malade? Ou bien quelque émotion...

—Oui, l'émotion, fit-elle, brisée par la secousse; l'émotion de vous voir, la joie...

Elle se raidit convulsivement et parvint à donner une physionomie naturelle à son visage.

Déodat demeurait étonné. Alice, qui l'observait, vit clairement ce qui se passait dans l'esprit du jeune homme.