Il rebroussa chemin, persuadé qu'il serait infailliblement rencontré. Repassant devant la porte de sa chambre, il longea le corridor dans l'autre sens et finit par se heurter à une porte qu'il ouvrit. Cette porte donnait sur un petit escalier tournant.

Content de cette première découverte, il rentra chez lui, à petits pas, médita, siffla des airs de chasse, tambourina les vitraux de sa fenêtre, bref, s'ennuya du mieux qu'il put.

Vers onze heures, un laquais se présenta qui dressa la table, et couvrit cette table des éléments d'un déjeuner plantureux accompagné de flacons de réjouissante apparence.

Tandis que l'aventurier se mettait à table et attaquait le déjeuner avec un appétit d'un estomac de vingt ans, le laquais disparut et revint quelques minutes après, porteur d'un sac d'argent. Les magnifiques dents solides et blanches du routier se découvrirent dans un large sourire.

—Oh! oh! Qu'est-ce que cela? fit-il.

—Le premier mois de monsieur l'officier que monsieur l'intendant de Monseigneur m'a remis.

—Voilà un laquais d'une exaspérante politesse! pensa Pardaillan.—Eh bien, fit-il tout haut, dites-moi, mon ami, savez-vous ce que contient ce sac?

—Oui, mon officier: six cents écus.

—Six cents! Mais je ne dois en toucher que cinq cents!

—C'est vrai, mais il y a les frais du voyage: c'est ce que M. l'intendant m'a chargé d'expliquer à monsieur l'officier.