Qu'il y eût ou qu'il n'y eût pas une personne que le maréchal tenait à lui cacher, il ne s'en soucia plus. Le danger que courait son fils l'absorba, et il se mit à réfléchir aux moyens de prévenir au plus tôt le jeune cavalier.

Sa conclusion fut ce qu'elle devait être:

—Je vais à l'instant même sortir de l'hôtel et me rendre à l'hôtellerie de la Devinière. Si quelqu'un veut s'opposer à ma sortie, ma foi, je tue! On s'expliquera ensuite.

Sur ce, il boucla son épée, s'assura qu'elle jouait bien dans le fourreau, et déjà il s'apprêtait à sortir de la chambre lorsque Damville parut.

—Eh bien, fit le maréchal, avez-vous fait un bon somme? Etes-vous dispos pour ce soir, maître Pardaillan?

—Je vois, monseigneur, que vous êtes bien renseigné. Peste! vous avez des serviteurs qui savent tout voir et tout rapporter! Quoi qu'il en soit, vous pouvez être tranquille! Je suis maintenant capable de veiller trois jours et trois nuits.

—Je ne vous en demande pas tant: à minuit tout sera fini.

—Et à cette heure-là, je serai libre, monseigneur?

—Libre comme l'air; libre d'aller où bon vous semblera; mais, bien entendu, cette chambre demeure à votre disposition pendant toute la campagne projetée... A propos, ne m'avez-vous pas parlé d'un jeune homme... votre fils...

—Si fait, monseigneur, dit Pardaillan qui tressaillit.