—Voilà le moment d'agir! songea-t-il.
Il jeta un regard sur la pointe de son épée, et il se lança en avant, à la poursuite de l'inconnu qui lui-même galopait éperdument, cherchant à rattraper le maréchal.
Cette course furieuse dura une minute.
Pardaillan atteignit l'inconnu, et, arrivant sur lui, lui porta un coup de pointe furieux.
Mais l'inconnu avait sans doute entendu courir derrière lui.
Au moment où Pardaillan arrivait, il se retourna, et un bond agile lui évita le coup terrible que lui destinait son agresseur. Pardaillan profita de ce mouvement de l'inconnu pour se placer entre la voiture et lui. Il lui barrait ainsi le chemin.
L'inconnu se rua en avant, la tête haute.
A l'instant même, les deux fers se croisèrent...
Les épées une fois engagées, les adversaires devinrent silencieux, chacun d'eux ayant reconnu en l'autre un escrimeur de force supérieure. L'obscurité était profonde, et c'est à peine s'ils se distinguaient.
Cependant, le vieux Pardaillan se tenait sur la réserve, son but étant simplement d'arrêter l'inconnu assez longtemps pour qu'il ne pût rejoindre la voiture dont le grondement se perdait au loin. L'inconnu, au contraire, voulait absolument passer et passer vite.