Panigarola était venu avec l'intention fortement arrêtée d'entrer tout de suite dans la maison. Et, lorsqu'il fut arrivé, lorsqu'il se fut tapi dans son encoignure, il comprit combien lui était difficile cette chose si simple qui consistait à heurter un marteau pour se faire ouvrir une porte.

Cent fois, il fut décidé; et cent fois, au moment même où il se disait:—Allons!, il se renfonça plus farouchement, plus désespérément dans l'ombre.

Comme il était là, hésitant, finissant par se demander s'il ne valait pas mieux escalader le mur ou plutôt s'en aller, la porte s'ouvrit... il y eut un chuchotement... le moine demeura pétrifié d'angoisse.

Ce qu'il redoutait se produisit: il entendit un baiser, si doux qu'eût été ce baiser.

Il allait s'élancer... Au même instant, l'homme s'en alla rapidement, la porte se referma...

Cet homme, c'était le comte de Marillac. Panigarola put le suivre un instant des yeux: ce fut une rapide vision aussitôt effacée.

—L'homme qu'elle aime! gronda-t-il. Il s'en va heureux, l'âme radieuse; et moi, misérable, moi!...

Longtemps figé à la même place, le moine lutta contre la douleur de la jalousie comme s'il l'eût éprouvée pour la première fois.

Enfin, après peut-être une heure d'attente, il se dirigea résolument sur la porte. Au moment où il allait frapper, cette porte s'ouvrit de nouveau.

Panigarola n'eut que le temps de s'effacer contre la muraille.