—Oui; je vous avais recommandé de vous faire son ami, et voici qu'on me le ramène en triste état; vous me privez d'un fidèle serviteur...

—Je vous en ramène un autre, monseigneur.

—Où est-il? fit vivement le maréchal.

—A l'écurie, monseigneur. Si j'osais vous faire une prière, ce serait de descendre avec moi jusqu'à vos écuries.

Le maréchal, intrigué, acquiesça d'un geste et suivit Pardaillan. Celui-ci descendit dans la cour, ouvrît la porte de l'écurie et montra du doigt, sans rien dire, Galaor attaché à son râtelier.

—Mon ancien destrier de bataille! fit le maréchal étonné. Qui me l'a ramené?... Vous?...

—Moi, monseigneur. Il m'a été donné comme vous l'aviez donné; et celui qui vient de m'en faire présent, c'est celui-là même qui, certain soir où vous étiez attaqué par des truands, vous prêta main-forte.

—C'est vrai; cet inconnu m'a sauvé la vie, dit le maréchal.

—Cet inconnu, c'est le chevalier de Pardaillan, fils unique et héritier de votre humble serviteur!

—Venez, dit le maréchal qui, sortant de l'écurie, remonta rapidement à son cabinet, agité, silencieux, tandis que le vieux routier l'examinait en dessous, en souriant. Expliquez-moi tout d'abord votre duel avec Orthès.