—Et pourquoi diable quitte-t-il Paris?... Pardaillan, franchise pour franchise. Il est très vrai que j'ai eu un instant l'idée de le rendre à Guitalens, dont il a surpris la conversation avec moi, je veux que le diable m'écorche vif, si je sais comment! Pardaillan, votre fils a le génie de la bravoure; mais il est sans appui. Amenez-le-moi! je l'enrichis!
—Vous oubliez, monseigneur, qu'en raison même de cette attitude qu'il a eue au Louvre, il est poursuivi, traqué, et qu'il lui faut quitter Paris, sous peine d'être pendu.
—Dans mon hôtel, le chevalier sera plus en sûreté que dans le château où, sans aucun doute, mon frère l'envoie.
—Mais, si je ne me trompe, il doit être déjà parti. La chose pressait. En effet, voici ce qui nous est arrivé.
Ici, Pardaillan raconta le siège du Marteau-qui-cogne.
—Vous voyez, acheva le vieux routier, qu'il était temps que le chevalier quittât Paris.
—Mais alors, vous êtes tout aussi compromis que lui! Pourquoi êtes-vous resté?
—Parce que je vous avais promis de vous aider, monseigneur, dit simplement Pardaillan.
Le maréchal tendit sa main au vieux routier, qui s'inclina plutôt pour cacher son sourire, que par respect.
Ce fut ainsi que les deux Pardaillan, après avoir failli se trouver sans gîte, eurent définitivement chacun un véritable palais pour demeure.