—Ah ça! murmura Pardaillan, devenez-vous fou?
—Non! Car j'espère bien que Catherine de Médicis va me faire assassiner, et ce sera beau, voyez-vous!
—Par la mort-Dieu! je ne vous quitte pas!
—Tu vas me quitter, Pardaillan! Car, là où je vais, tu ne peux venir! Pardaillan, ce n'est pas le comte de Marillac qui va chez la reine mère... oui, je dis bien, la reine mère... C'est Déodat; c'est l'enfant ramassé sur les marches d'une église! Maintenant, veux-tu savoir pourquoi, sachant que je vais être assassiné, je vais chez la reine?...
—Oui, oh! oui, fit Pardaillan qui haletait.
—Eh bien, c'est parce que je veux connaître ma mère! Et que Catherine de Médicis... est ma mère!...
Et, s'arrachant de l'étreinte de son ami, le comte fit un signe à Maurevert et s'élança rapidement dans la direction du Pont de bois.
Le chevalier demeura quelques minutes comme étourdi.
—Déodat, fils de la Médicis! murmura-t-il.
Puis, reprenant son sang-froid, il s'élança à son tour vers la maison qu'il connaissait bien, décidé à en surveiller les abords tant que le comte y serait, et à y pénétrer au besoin.