—N'aie pas peur, dit-il: ton tour va venir; ton digne oncle d'abord, toi ensuite.
—Je le sais, fit Gillot, tout blême, et, pour me sauver, je vais vous proposer un marché. Je sais où se trouvent les deux personnes que vous cherchez...
—Il ment! gronda le vieillard qui, se débarrassant de l'étreinte de Pardaillan, se précipita sur son neveu.
Mais il n'eut pas le temps de l'atteindre que déjà Pardaillan l'avait saisi à la gorge et le remettait au chevalier.
—Parle! dit-il alors à Gillot.
—Il ne sait rien! Il ment! vociféra Gilles.
—Je ne mens pas, mon oncle, dit Gillot qui reprenait de l'aplomb. Le jour où j'ai reçu l'ordre de préparer la voiture, et où j'ai eu précisément affaire à ce digne jeune homme que voici, toutes ces manigances m'ont mis la cervelle à l'envers; et, à dix heures, j'ai suivi l'expédition. Je sais où la voiture s'est arrêtée, et je m'offre d'y conduire ces messieurs...
—Où est-ce? palpita le chevalier.
—Rue de la Hache! fit Gillot.
—Rue de la Hache! s'exclama le chevalier stupéfait, à l'esprit de qui l'image d'Alice de Lux se présenta aussitôt.