—Monsieur, je m'appelle Jeanne, comtesse de Piennes, duchesse de Montmorency...
Le capitaine s'inclina profondément.
—Je vous suis une caution vivante, poursuivit Jeanne. Ma parole vous répond des deux prisonniers.
—S'il en est ainsi, madame, dit le capitaine, à Dieu ne plaise que je mette en doute la caution de haute, noble et puissante dame de Piennes et de Montmorency. Et si les deux prisonniers ne doivent pas quitter cette maison...
—Ils ne la quitteront pas, monsieur!
—J'obéis, madame. J'ajoute: je suis heureux d'obéir, car ce sont deux braves.
Jeanne de Piennes s'inclina et se retourna vers les deux blessés qui, s'étant relevés, assistaient à cette partie de la scène en faisant d'héroïques efforts pour se tenir debout. Aux derniers mots du capitaine, d'un même mouvement, ils remirent leurs épées aux fourreaux. Jeanne de Piennes s'avança vers le vieux Pardaillan:
—Monsieur, dit-elle de sa voix douce et fière, voulez-vous me faire le grand honneur de vous reposer dans ma pauvre maison?...
Elle tendit sa main.
Alors, d'un geste timide, Loïse présenta sa main au chevalier. Il la saisit en frissonnant et se redressa de toute sa taille. La porte se referma sur Loïse et le chevalier...