—Non pas: j'ai désobéi au voeu formel de mon père... Et je crains bien qu'il ne m'en arrive malheur.
Ces derniers mots furent prononcés d'un ton glacial qui firent frissonner l'inconnu.
—En tout cas, reprit-il, vous m'avez rendu un fier service. Acceptez en souvenir de cette rencontre la monture que mon domestique tient en main. Galaor est le meilleur cheval de mes écuries.
—Soit! J'accepte le cheval! répondit Pardaillan avec le ton et le geste d'un roi acceptant l'hommage d'un sujet.
Et avec la légèreté d'un cavalier qui, dès cinq ans, avait chevauché par monts et par vaux, il sauta sur Galaor.
L'inconnu fit de la main un signe d'adieu et s'éloigna en homme pressé.
Au moment où le vieux serviteur se disposait à suivre son maître à distance respectueuse, Pardaillan s'approcha de lui, et lui demanda à voix basse:
—Y a-t-il inconvénient à ce que je sache le nom de ce seigneur pour qui j'ai commis le crime de désobéir au voeu de mon père?...
—Aucun, monsieur, fit le vieillard étonné.
—Alors, ce cavalier?