—Peste! C'est bien de l'honneur pour M. de Guise!

—Oui, monsieur! les défenseurs de la sainte religion.

A ce moment, Pardaillan arrivait près du pont de bois. Là, une foule énorme, agitée, poussait des clameurs:

—Vive Guise!... Mort aux huguenots!

—Vous entendez? dit le bourgeois. Vous entendez le peuple? Or, vous le savez, vox populi, vox Dei!...

—Pardon, observa doucement le chevalier, je n'entends pas l'anglais...

—Ce n'est pas de l'anglais, monsieur, fit l'homme avec dédain. C'est du latin. Et ce latin-là signifie que la voix du peuple, c'est la voix de Dieu.

Le bourgeois, à ce moment, fut séparé de Pardaillan par une poussée du peuple: une forte escouade d'arbalétriers et d'arquebusiers du guet déblayait les abords du pont pour laisser le passage libre à Henri de Guise.

Pardaillan était placé à l'entrée du pont, contre la première maison du côté gauche: une vieille bâtisse à demi ruinée, et qui probablement était abandonnée, car les fenêtres en étaient closes, tandis que toutes les autres maisons du pont laissaient voir des spectateurs jusque sur leurs toits.

Cependant, le chevalier remarqua que la première maison du côté droit qui faisait vis-à-vis à la bâtisse abandonnée était également fermée: une seule de ses fenêtres était ouverte, mais cette fenêtre était grillée d'un treillis épais.