Et que le maréchal avait répondu:

—Non pas, car il peut nous servir.

Gillot demeura évanoui, mais ne tarda pas à revenir à lui.

Son premier mouvement fut de porter les deux mains à ses oreilles, comme s'il lui fût resté un vague espoir d'avoir rêvé. Mais ses mains ne rencontrèrent que les compresses, imbibées de vin et d'huile, que son oncle lui avait mises autour de la tête.

—Hélas! dit-il, je n'ai donc plus d'oreilles! De quel oeil vais-je être considéré? Je vais passer pour un monstre. Cependant, il me semble que je perçois le bruit de mes propres paroles...

Gillot se remit sur pied et constata qu'à part la violente douleur qu'il éprouvait, de chaque côté de la tête, il se portait, en somme, comme s'il n'eût subi aucune fâcheuse mutilation.

Il reprit donc courage et, tout affaibli qu'il était par la souffrance, il allait entreprendre l'ascension de l'escalier, lorsqu'au haut de cet escalier parut quelqu'un.

C'était l'oncle Gilles.

«Il vient m'achever, songea tristement Gillot. Sans doute le maréchal lui a donné l'ordre de m'exterminer!»

A sa grande stupéfaction, son oncle s'approcha de lui, avec un sourire des plus gracieux.