—Parlez, mon digne oncle, dit-il d'une voix tremblante d'émotion. Je suis tout prêt à obéir. Qu'ordonne monseigneur?
—D'abord, de te guérir!
Et, soutenant son neveu par-dessous le bras, Gilles le conduisit dans sa chambre, le fit coucher dans son propre lit et commença à lui donner les soins les plus dévoués.
A peine fut-il dans le lit qu'une fièvre violente se déclara.
Gillot eut le délire pendant deux jours, c'est-à-dire qu'il passa ces deux jours à supplier son oncle de lui rendre ses oreilles.
Gilles, impatienté, finit par le menacer du bâillon. Au bout du sixième jour, la fièvre était tombée; au bout du dixième, les blessures étaient cicatrisées et Gillot pouvait se lever.
Le quinzième jour, Gillot put sortir.
Son premier soin fut de courir acheter un certain nombre de bonnets, capables de lui couvrir entièrement la tête, du front à la nuque.
Sur ce bonnet, il plaçait son chapeau ordinaire.
En se regardant dans un miroir, il trouva qu'il pouvait encore faire assez bonne figure.