—Que veux-tu dire, imbécile?

—Rien, mon oncle, sinon que les deux damnés Pardaillan valent peut-être à eux seuls les vingt-cinq gens d'armes et les dix gentilshommes.

—C'est possible. Et où sont-ils logés, ces deux enragés?

—Attendez, mon oncle. Le deuxième étage du bâtiment aux gentilshommes est occupé par les laquais, au nombre d'une quinzaine. Bon. Maintenant, vous voyez que le bâtiment des écuries et gens d'armes et le bâtiment des gentilshommes sont séparés par ce carré qui représente une cour pavée. Au fond de ce carré, se dresse l'hôtel lui-même, c'est-à-dire l'habitation du maréchal. Vous voyez que ce logis ne touche pas aux deux autres constructions, en sorte que l'hôtel est complètement isolé. En arrière, il y a un jardin.

—Je vois. Parle-moi donc de ce logis isolé.

—C'est là, je vous dis, qu'habite le maréchal; c'est là, dans des appartements ayant vue sur le jardin, que logent les deux dames; c'est là, aussi, que sont logés les deux Pardaillan.

Le maréchal de Damville connaissait parfaitement l'hôtel de Montmorency. Le plan de Gillot ne devait donc pas lui servir; mais, ce plan indiquait comment étaient disposées les forces de l'hôtel, et cela pouvait lui être précieux.

L'oncle Gilles ne marchanda pas les éloges à son neveu, mais il ajouta:

—Il faut maintenant que nous soyons tenus au courant de ce qui se passe là-bas. Il faut donc que tu trouves le moyen de venir ici, tous les deux ou trois jours...

—Ce moyen est tout trouvé, dit paisiblement Gillot.