Le frère portier leur ayant demandé ce qu'elles voulaient, la plus jeune répondit qu'elles désiraient parler à l'abbé lui-même.

Le moine ayant, répondu, en levant les bras au ciel, qu'on ne parlait pas ainsi au révérendissime abbé du couvent, la plus vieille, ou, du moins, celle qui paraissait telle, tira une lettre de son sein et la remit au portier.

—Portez cela à M. l'abbé, dit-elle... Et hâtez-vous, si vous ne voulez être châtié.

Cette femme parla d'un tel ton d'autorité que le moine, abasourdi, se hâta d'obéir. Il paraît que la visiteuse était femme de qualité, car, à peine l'abbé eut-il parcouru la lettre qu'il pâlit, se troubla et s'empressa de courir au parloir.

Que devint la stupéfaction du digne frère portier lorsqu'il vit son abbé s'incliner avec humilité devant la femme voilée de noir!

Et cette stupéfaction elle-même devint presque du scandale lorsque l'abbé, après quelques mots prononcés à voix basse, introduisit la femme dans le couvent et la guida à travers les longs couloirs déserts.

La plus jeune était demeurée au parloir.

L'abbé, suivi de la dame voilée, s'arrêta enfin devant une cellule.

Et cette cellule, c'était celle du révérend Panigarola. Les portes des cellules étaient toujours ouvertes.

—C'est là!» murmura l'abbé qui, aussitôt, se retira.