Il veut s'occuper de ce fils... et, pour cela, il faut que l'ère paisible prédite par sa mère se réalise enfin.
Jetons aussi un coup d'oeil dans le logis de Marie Touchet.
Maris Touchet, c'est la fille du peuple, avec toutes ses exquises délicatesses. Si nous pénétrons chez elle, nous la trouvons penchée sur le berceau de son fils; car, depuis quelques jours, elle est relevée de ses couches, et désormais elle ne vit plus que pour cet enfant.
Quel calme dans ce logis! quelle propreté!... Quelle modestie aussi!... modestie charmante qui ne va pas sans coquetterie. Dans la chambre à coucher aux meubles de noyer ciré, toute claire, voici le berceau où dort le duc d'Angoulême. Au-dessus du berceau, un beau portrait de Charles IX en bourgeois. Le roi sourit dans son cadre. Et Marie lui sourit lorsque parfois son regard se lève de l'enfant jusqu'au père.
Passons maintenant à des personnages plus actifs.
Panigarola, dans son couvent, médite la destruction des huguenots et la mort de son rival Marillac. Étrange physionomie que celle de ce moine incroyant poussé à la haine par l'amour, devenu à son insu le redoutable instrument que manie la sainte Inquisition!
Le duc de Guise s'apprête pour la suprême conquête. Son plan est d'une effrayante simplicité: le roi paraît résister au mouvement de foi apostolique et romaine qui veut sauver l'Eglise en exterminant la réformation. Or, ce mouvement doit aboutir à quelque bataille géante dans les rues de Paris.
Alors, lui. Guise, accusera formellement Charles IX de connivence avec les huguenots; il se fera nommer capitaine général de l'armée catholique, et, lorsque le massacre sera commencé, lorsque Paris brûlera, lorsque les ruisseaux des rues seront transformés en fleuves de sang, lorsque le peuple sera déchaîné, il marchera sur le Louvre; le roi impopulaire, le roi des huguenots sera déposé; Tavannes, le maréchal, est avec lui; Damville lui garantit trois mille cavaliers qui sont en route, quatre mille arquebuses; Guitalens, gouverneur de la Bastille, prépare son oubliette la plus sûre pour y enfermer Charles IX... et, lorsque le roi voudra se défendre, lorsqu'il appellera ses gardes, c'est Cosseins, son propre capitaine, qui l'arrêtera!...
Alors Guise arrêtera le carnage: il aura ainsi du même coup l'amour des catholiques qu'il aura déchaînés, et des huguenots qu'il aura sauvés.
Et, comme la France ne peut pas vivre sans roi, comme son oncle, le cardinal de Lorraine, a établi nettement la généalogie qui le fait descendre de Charlemagne, Henri de Guise sera roi!...