—Au Temple, dit le maréchal.

XII

OÙ MAUREVERT JOUE UN RÔLE IMPORTANT

Ce dimanche-là, le chevalier de Pardaillan avait été voir son ami Marillac, comme il faisait presque tous les jours. Les deux jeunes gens se racontaient leurs inquiétudes, leurs joies, leurs espérances; Marillac parlait d'Alice; le chevalier parlait de Loïse.

Plusieurs fois, le comte avait offert à son ami d'aller trouver la reine mère et de lui demander un sauf-conduit pour le maréchal de Montmorency et les siens, Mais le chevalier avait toujours refusé avec obstination.

Toutes les fois que le comte parlait de la reine, de sa bienveillance, de ses promesses, Pardaillan gardait le silence.

«Tout est possible! se disait en effet le chevalier. Qui sait si l'infernale Catherine n'a pas été enfin touchée au coeur! Qui sait si elle ne s'est pas mise à aimer ce fils retrouvé!... Mais qui sait aussi quels pièges peut cacher cette bienveillance trop soudaine?... Quant à la malheureuse Alice, je m'arracherais la langue plutôt que de dire l'affreux secret qu'elle m'a confié dans une heure de délire...

Donc, le chevalier gardait le silence à la fois sur la reine et sur Alice... Seulement, il ne cessait de répéter à son ami:

—C'est le moment de redoubler de prudence, mon cher...

Marillac souriait alors... il était dans cet état de confiance absolue qui est comme un profond sommeil de l'esprit.