—Hum! hum! répéta le chevalier.

—Le peuple nous est seul hostile; mais M. de Guise nous assure que les Parisiens n'ont qu'un reste de mauvaise humeur, qui se dissipera lorsqu'on aura vu notre roi entrer à Notre-Dame...

Et, comme pour éviter d'approfondir les soupçons qu'évoquait l'attitude du chevalier, le comte se hâta de continuer son récit:

—Lorsque la reine eut été couchée dans son lit, elle reprit connaissance. Le médecin du roi, maître Ambroise Paré, arriva à ce moment. Mais la reine, le regardant fixement, lui dit: «Je vous remercie, maître, Vous pouvez vous retirer. Tous soins seraient inutiles contre le mal. Je vais mourir... Allez!» Sans insister davantage, maître Paré s'inclina, en poussant un soupir, et, comme il se retirait, nous vîmes que son visage portait les traces d'une étrange épouvante.

—Ah! ah! Ce médecin n'est-il pas de la religion reformée?

—Oui, chevalier.

—Et vous dites qu'il n'insista pas pour donner des soins à la malheureuse reine? Et vous dites qu'il avait l'air épouvanté?

—En effet. Mais n'était-ce pas naturel? Ce mal foudroyant...

—Non, comte! Ambroise Paré est un homme énergique. S'il n'a pas insisté, s'il a été épouvanté, s'il a reculé, enfin...

—Que voulez-vous dire, chevalier? s'écria Marillac avec agitation.