Marillac écouta. Au loin, vers la rue, il entendit une rumeur furieuse.
«Cela, reprit le moine, c'est la voix du peuple qui réclame sa victime. Et sa victime, c'est vous. Mais nous savons trop quelle serait la douleur de notre grande reine, s'il vous arrivait malheur... Venez donc, monsieur.»
Marillac, sans plus d'observations, suivit le moine, qui le conduisit jusqu'à une petite porte donnant sur une ruelle solitaire.
Le comte prit aussitôt le chemin du Louvre.
XIII
LE TEMPLE
Si vite que Marillac eût pris sa course vers le Louvre, Maurevert y arriva avant lui. Les ailes de la haine sont encore plus rapides que celles de l'amitié.
Il paraît que Maurevert était attendu avec impatience dans cette partie du Louvre, où se trouvaient les appartements de la reine mère. Car, à peine le capitaine des gardes, Nancey, l'eut-il aperçu, qu'il lui fit signe de le suivre et, le conduisant par un couloir privé, l'introduisit dans une antichambre où se trouvait la suivante florentine Paola, laquelle, à son tour, l'introduisit aussitôt dans le fameux oratoire.
Catherine de Médicis était là, écrivant fiévreusement; elle avait devant elle un monceau de lettres déjà terminées. Car la reine écrivait toujours elle-même. Soit défiance naturelle, soit besoin d'assouvir sa dévorante activité, elle n'eut jamais de secrétaire.
A l'entrée de Maurevert, elle leva la tête, fit un signe bref pour lui ordonner d'attendre et acheva la phrase commencée.