Le chevalier n'avait pas bronché.
—Viens! reprit Pardaillan en prenant son fils par la main. Viens t'asseoir, mon pauvre enfant...
Et, comme il connaissait le cachot qu'il habitait depuis quelques jours, il conduisit le chevalier dans un coin où se trouvait entassée de la paille, à la fois siège et couchette des habitants de ce lieu sinistre.
Le chevalier allongea sur la paille ses membres endoloris par la pression des cordes. Le premier moment de joie instinctive passé, il éprouvait maintenant une douleur plus accablante qu'au moment où il avait été arrêté. Vaguement, sans se le dire, il avait compté sur son père pour sauver Loïse! Lui mort, le vieux serait encore là pour protéger la jeune fille et la mettre en sûreté.
Tout était fini! Le vieux Pardaillan était prisonnier comme lui.
Et alors une nouvelle angoisse vint le saisir à la gorge...
Quoi! Son père! Il allait le voir torturer sous ses yeux! Il allait entendre les horribles cris du pauvre vieux qu'il avait tant aimé!
Le chevalier éclata en sanglots. Il saisit dans ses bras la tête vénérée du vieux routier.
—O mon père! bégaya-t-il... mon pauvre père!...
Pardaillan demeura tout saisi, tout bouleversé d'entendre pleurer son fils.