Il y eut alors, à la surface de cette masse humaine, une sorte de houle qui se propagea du parvis jusqu'aux rues voisines, les cous se tendirent, des cris de femmes à demi étouffées retentirent, mais furent couverts par une clameur énorme, d'une sauvage expression:

«Vive la messe!... A la messe, les huguenots!...»

Presque aussitôt, de nouvelles compagnies d'archers et d'arquebusiers renforcèrent la haie des gens d'armes qui avait maintenant un quadruple rang de chaque côté.

Les bourgeois vociféraient.

Il fut évident qu'on ne pourrait atteindre les huguenots ainsi protégés. Mais il fut évident aussi que cette foule, savamment portée au suprême degré de l'exaspération, deviendrait terrible si par malheur on la laissait se déchaîner!

La manoeuvre militaire qui, pour le moment, mettait les huguenots hors d'atteinte, exaspéra la multitude.

Et cette exaspération éclata en violents murmures contre le roi, qu'on accusait tout haut de protéger les hérétiques.

«Il nous faut un capitaine général!...»

Ce cri, qui traduisait si bien la pensée des bourgeois armés, courut de bouche en bouche, se fortifia, s'enfla.

«Guise! Guise! Guise, capitaine général!