«Vive la messe! Vive la reine de la messe!»
Marguerite était assise à gauche et, sur la gauche du carrosse, ce furent des ricanements qui éclatèrent. «Bonjour, madame, cria une femme; votre mari a-t-il été à confesse, au moins?»
Le carrosse passa dans un rire énorme; mais, aussitôt après les vingt-quatre voitures qui contenaient les princes du sang, c'est-à-dire Henri, duc d'Anjou, et François, duc d'Alençon, et la duchesse de Lorraine, deuxième fille de Catherine, puis les dames d'atours, les demoiselles d'honneur, parurent divers personnages que la foule accueillit par un tonnerre de vivats: le duc de Guise, le maréchal de Tavannes, le maréchal de Damville, le duc d'Aumale, M. Goudé, le chancelier de Birague, le duc de Nevers, et une foule de gentilshommes, tous dans des carrosses d'une fabuleuse richesse tous vêtus de costumes d'une réelle splendeur.
Puis, tout aussitôt, les hurlements reprirent:
«A la messe! A la messe!»
Les huguenots apparaissaient à leur tour en des costumes non moins riches, mais plus sévères que les catholiques.
On ignore qui avait ainsi ordonnancé la marche du cortège. Mais cette séparation très nette entre les gentilshommes catholiques et protestants, le soin qu'on avait eu de placer les huguenots à la fin, à part quelques-uns comme Coligny et Condé qui occupaient leur rang naturel, permirent à la multitude mille suppositions, dont la plus essentielle était qu'on avait voulu mortifier les hérétiques.
Ils passèrent très fiers, dédaignant de répondre aux quolibets, aux plaisanteries, aux insultes.
Or, au fur et à mesure que le cortège défilait, les personnages de chaque carrosse pénétraient sous le grand porche, où l'archevêque et son chapitre se trouvaient réunis pour accueillir les deux rois, la reine et la fiancée.
Dans ce groupe que nous venons de signaler, se trouvaient Crucé, Pezou et Kervier, toujours inséparables.