Les huguenots, au nombre d'environ sept cents gentilshommes, venaient de mettre pied à terre devant le grand porche.
Mais, au lieu d'entrer dans l'église, ils s'étaient arrêtés, silencieux, ou formant des groupes qui causaient entre eux à voix basse, sans paraître entendre les hurlements.
—A la messe! à la messe! vociféra Pezou.
—Les maudits ne veulent pas entrer! rugit Kervier.
—Ils y entreront bientôt malgré eux! tonna Crucé.
Cette menace directe provoqua un délire d'enthousiasme dans le groupe qui occupait les marches, tandis qu'au loin la foule, ne sachant de quoi il s'agissait, riait en criant:
«Les damnés huguenots sont à la messe! Vive la messe!...»
Seuls trois huguenots avaient pénétré dans l'église. Le premier, c'était l'amiral Coligny, qui avait dit tout haut:
«Ici, ce peut être un champ de bataille comme un autre...»
Le deuxième, c'était le jeune prince de Condé qui, se penchant vers l'oreille du Béarnais, avait murmuré: