—Marquis, dit la reine, vous avez tenu parole. Grâce à vous, Paris est en ébullition. Grâce à vous, les paroisses sont autant de foyers d'incendie. Il n'y manque que l'étincelle qui mettra le feu à tant de passions. Merci mon révérend... A moi de tenir ma parole. Ici, dans un instant, vous allez voir celle que vous aimez...

—Alice! frémit le moine dans un frisson de tout son être.

—Elle est à vous! Emmenez-la, marquis. Je vous la donne. Et quant au rival, l'homme exécré, voici pour le tuer!....»

La reine tendit au moine un papier plié en quatre

—La lettre d'Alice! rugit Panigarola en saisissant le papier. Ah! je comprends! Ah! vous êtes grande et terrible!... Oui, il l'aime, il l'adore, et cette lettre peut le tuer plus sûrement qu'une balle au coeur!

—Ainsi, nous sommes d'accord?... Vous montrez la lettre a Marillac?... Vous la lui faites lire?

—Oui, oui!...

—Et alors, vous emmenez Alice. Ce sera à vous de la consoler... elle ne demande qu'à vous croire... je l'ai interrogée, marquis... soyez sûr qu'elle ne vous hait pas! Une voiture vous attend... Vous l'avez vue, je pense?

—Mais lui! lui! Il va donc venir ici?...

—Il va venir. Là est l'essentiel. Et si, malgré la lettre, il veut garder Alice pour lui? S'il la veut infâme et couverte d'opprobre comme vous allez la lui montrer? Si son amour survit à cette révélation, comme votre amour à vous a survécu à ses trahisons?...