—Comment s'appellent-ils, ces deux pauvres diables?

—Pardaillan, fit tranquillement Pâquette. Le père et le fils.

Catho ne disait plus rien. Elle avait pâli. Ses mains, en tremblant, s'occupaient à déchiqueter une tartelette.

Certes, elle avait pour ces deux hommes une sorte de rude affection.

Dans son temps, elle avait aimé le vieux Pardaillan quinze jours, ou un mois, elle ne se souvenait plus.

Mais, tout de même, elle ne pensait pas qu'elle eût pu ressentir une telle angoisse, une si profonde révolte de son coeur et de sa chair à l'idée que cet homme devait mourir.

Catho avait passé dans la vie en repoussant d'instinct tout sentiment qui fait souffrir. Etait-elle bonne? méchante? Elle ne savait pas. Rarement, elle avait pleuré. Sa seule douleur sérieuse avait été de se voir marquée au visage et enlaidie après sa maladie.

Quant au chevalier de Pardaillan, ce jeune homme ne lui avait jamais inspiré qu'une sorte d'admiration. Elle ne voyait aucun gentilhomme semblable à lui. Sa fierté, sa grâce, sa froideur qui tenait à distance, l'ironie de son sourire, et, avec tout cela, cette pitié lointaine qu'elle avait lue au fond de ses yeux, cet ensemble en faisait un être à part.

Souvent Catho, songeant à lui, avait soupiré en se regardant au miroir. Mais la pensée ne lui fût jamais venue qu'elle pouvait aimer le chevalier.

Ils devaient mourir!